L’incertitude économique entourant la crise du coronavirus (Covid-19) a particulièrement touché le Venezuela. Face à la fermeture des banques et au silence du gouvernement, de plus en plus d’habitants choisissent d’acheter du Bitcoin, plutôt que la crypto-monnaie locale Petro (PTR).

 

Les banques ferment leurs portes

Plusieurs rapports indiquent que les banques du Venezuela ont choisi de fermer leurs portes face à la menace du coronavirus. Les guichets ne sont plus accessibles au public, mais il semblerait qu’il soit encore possible d’effectuer des opérations en ligne. Pour les banques, il s’agit d’appliquer la quarantaine demandée par Nicolas Maduro au cours de la semaine dernière. Mais l’incertitude ne se limite pas à la propagation du virus. Le pays, qui connaît déjà une inflation majeure et une crise financière sans précédent, peine à résister économiquement.

Face à la crise, Maduro essaie tant bien que mal de maintenir l’économie à flot. À la fin du mois de février, 8 tonnes d’or physique avaient ainsi été discrètement retirées des chambres fortes de la banque centrale du Venezuela. Selon plusieurs sources locales, le président comptait vendre cet or – illégalement – afin d’insuffler un peu de vigueur à l’économie du pays.

 

Les achats de Bitcoin en hausse au Venezuela

Une des conséquences de cette incertitude financière, c’est que les habitants du Venezuela se procurent une monnaie qu’ils estiment plus stable que le bolívar soberano (VES). Depuis le début de l’année, les achats de Bitcoin atteignaient déjà des records sur LocalBitcoins. Et il semblerait qu’ils progressent à nouveau. À l’heure actuelle, les offres de vente sur LocalBitcoins dépassent souvent les 500 000 000 VES par BTC, soit 6930 dollars. Pour comparaison, un BTC est listé au même moment à 5 930 dollars sur CoinMarketCap. Les Vénézuéliens sont donc prêts à débourser 1 000 dollars de plus afin d’acquérir la crypto-monnaie : un écart rarement vu sur LocalBitcoin.

Le grand absent de cette ruée vers les cryptos, c’est bien sûr le Petro (PTR). Depuis un an, le gouvernement avait bien essayé de forcer l’adoption de sa cryptodevise d’État, en la distribuant aux retraités, et même en ouvrant un casino proposant ses services en PTR. Mais les Vénézuéliens, particulièrement échaudés face à un gouvernement en lequel ils n’ont plus confiance, préfèrent confier leurs économies à d’autres monnaies numériques.

👉 A lire sur le même sujet : les Vénézuéliens se plaignent du Petro (PTR)

Au-delà du Bitcoin, Dash (DASH), qui est historiquement très implanté au Venezuela, a également vu un nouvel afflux d’utilisateurs ces derniers mois. Le nombre de wallets Dash actifs a ainsi explosé de +562 % de mai à décembre 2019. Plus récemment, l’altcoin estimait que 10 % des magasins du pays accepteraient le Dash d’ici à la fin de l’année 2020.

👉 Découvrez notre analyse de la crypto Dash (DASH)

 

Tout cela est une preuve de plus que la crypto-monnaie peut jouer son rôle de valeur refuge… À condition d’être face à une monnaie fiduciaire particulièrement dévalorisée. C’est la nécessité qui pousse les utilisateurs vers le Bitcoin au Venezuela, et c’est cette même nécessité qui pourrait favoriser le Bitcoin en Europe et aux États-Unis, face à une récession qui se dessine déjà à l’horizon.

👉 Pour aller plus loin, consultez notre dossier : Bitcoin, une valeur refuge en temps de crise ?

 

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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