L’épidémie de coronavirus pourrait à terme profiter au Bitcoin, et aux cryptomonnaies en général. Suite à la crise financière et économique qui se profile, de nombreux investisseurs risquent en effet de se détourner des monnaies fiduciaires et des actions boursières pour miser sur des crypto-actifs. Dans ce contexte, le trader Max Keizer s’attend même à ce que le cours du bitcoin grimpe jusqu’à 100 000 dollars avant la fin de l’année 2020. On fait le point sur la question.

 

Détourner les investisseurs des monnaies fiat

Les mesures de confinement prises par de nombreux pays, dont la France, l’Inde ou encore l’Italie, pour endiguer la propagation du coronavirus augurent une importante crise économique et  financière. Pour redresser la barre et stimuler l’économie, les banques centrales ont débloqué des milliards de dollars. La Réserve fédérale des États-Unis (FED) a ainsi décidé d’imprimer des quantités colossales de dollars… au risque de susciter le retour de l’inflation à moyen terme.

👉 Sur le même sujet : Le Bitcoin pour lutter contre l'inflation ?

 

Personne avec un masque face à un virus

 

Face aux risques d’inflation des monnaies fiduciaires, les investisseurs devraient se tourner vers des valeurs refuge, comme l’or ou le Bitcoin. Dans ces conditions, l’inflation éventuelle des monnaies fiat, conséquence indirecte de l’épidémie de Covid-19, pourrait bien conduire à une adoption massive et accélérée du Bitcoin et des crypto-devises par les investisseurs particuliers ou institutionnels.

« Le Bitcoin a précisément été créé à cette fin, pour se protéger en cas d’une impression illimitée de monnaies papier » note d’ailleurs Alain Kunz, PDG et fondateur de TokenSuisse, dans une interview accordée au journal suisse Le Temps.

Depuis le début de la crise, Alain Kunz, aussi membre du CA d’Obolus, une société de conseils en cryptomonnaies, a remarqué une résurgence de l’intérêt des investisseurs pour le bitcoin. Alors que les indices boursiers sont dans le rouge, de nombreux comptes ont été ouverts sur des plateformes d’échange de crypto-actifs, assure le conseiller en investissement.

« Durant la phase de baisse du Bitcoin, nous avons reçu beaucoup de demandes de hedge funds qui voulaient ouvrir des comptes pour acheter à bas prix » ajoute Yves Longchamp, expert financier chez SEBA Bank.

 

Personne avec un masque médical en arrière plan de la bourse

 

D'après lui, le Bitcoin s’ancre davantage dans les réflexions de l’investisseur moyen, qu’il soit particulier ou institutionnel, suite à l’impact de la pandémie sur le système financier mondial. Parmi les causes de ce regain d'intérêt fulgurant, on trouve notamment la dégringolade des actions boursières depuis le mois de janvier, après une année de progression ininterrompue. Tout à coup, il devient plus intéressant d’investir dans des crypto-devises qu’en bourse. Une fois la crise sanitaire terminée, le bitcoin et les cryptomonnaies s’imposeraient donc comme une véritable alternative aux actifs traditionnels dans l’esprit des investisseurs.

 

Le cours du Bitcoin va-t-il exploser grâce à l’épidémie de Covid-19 ?

Dans ce contexte particulier où les monnaies fiduciaires risquent l’inflation et où les actions boursières dévissent, certains prophétisent une explosion du cours du bitcoin. C’est notamment le cas du trader Max Keizer. Selon lui, la crise économique née de la pandémie de coronavirus s’inscrit dans la lignée de la crise des subprimes de 2008. Cette « deuxième partie de la crise financière mondiale va propulser le prix du bitcoin à 100 000 $ et au-delà » estime Max Keizer, un grand habitué des formules chocs.

 

 

👉 A lire également : le BTC pourrait exploser jusqu’à 350 000 dollars, selon le dernier rapport de Kraken

 

Néanmoins, on rappellera que le cours du bitcoin et de la plupart des cryptomonnaies dépend encore en grande partie des mouvements remarqués sur les marchés financiers traditionnels. Le 12 mars dernier, la crise économique déclenchée par le coronavirus a d’ailleurs provoqué un grand krach sur le marché des crypto-devises. En l’espace de 24 heures, la mère des cryptomonnaies a  perdu 40% de sa valeur suite à une vente panique généralisée. Si son cours a rapidement repris des couleurs depuis, il reste encore en deçà de son niveau pré-coronavirus. Pour déterminer si le bitcoin va effectivement profiter in fine des conséquences de la crise sanitaire, il faudra donc faire preuve de patience. Pour l’heure, il ne s’agit encore que de conjectures. On attend votre avis sur le sujet dans les commentaires.

 

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A propos de l'auteur : Alex Griset

Passionné des technologies je rédige des articles à propos du numérique et des crypto-monnaies pour plusieurs journaux en ligne.
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mac

Mais comment imaginer un adoption du bitcoin par le grand public quand on sait que son infrastructure a une impact énorme en terme énergétique précisément alors que l'on sait que les considérations écologiques vont être de plus en plus importantes à prendre en compte? Le bitcoin n'est-il pas limité à long terme par ce plafond de verre ?

Robin Berné

L'impact écologique est bien moindre que celui du système bancaire par exemple. De plus les mineurs s'installent dans les endroits où l'électricité est la moins chère. Ils permettent à des usines hydroélectrique de tourner car elles leurs vendent leur production qui n'est pas acheté par d'autres personnes car trop compliqué à transporter.. L'avantage des mineurs est qu'ils sont très mobiles et peuvent apporter leurs machines au plus près des sources d'électricité. Le Bitcoin favorise le développement de ces usines et le développement d'une énergie plus verte. En effet, par exemple des usines hydroélectriques vont vendre 10% de leur production aux… Read more »

Djw

Les miners de bitcoin ne poluent pas plus que les compagnies pétrolières qui de plus ne sont pas toujours rentable.