Qu’est-ce que le Hedera Hashgraph ?

 

hashgraph remplacera la blockchain ?


Hashgraph, de son petit nom, est un crypto-actif atypique, imaginé par un groupe américain en 2016 et testé en « conditions réelles » à partir de la mi-2018. Censé être la solution (et par la même occasion le tueur) à tous les maux dont souffrent les blockchains telles que celles du Bitcoin et de l’Ethereum, il a été présenté comme disposant de toutes les caractéristiques rêvées : vitesse foudroyante, sécurité impénétrable, et justice absolue.

Il a été inventé par le Docteur Leemon Baird, illustre inconnu ayant notamment été professeur des sciences informatiques à l’Académie de l’US Air Force. Quant au cofondateur de la société, Mance Harmon, il a été gestionnaire de la sécurité logicielle pour une très grosse société dont le nom n’est pas spécifié (1,7 milliards de dollars de valorisation), gestionnaire de programme à grande échelle pour l’Agence de Protection des Missiles américaine, et directeur de formation en cybersécurité à l’Académie de l’US Air Force.

Pour ce qui est du financement, il s’est fait par le moyen d’une ICO organisée entre le 14 et le 16 août 2018, laquelle a permis de récolter 100 millions de dollars. Le prix des jetons au moment de la vente, c’est-à-dire 12 centimes, a porté la capitalisation totale de Hashgraph à 6 milliards de dollars.
Cette information, ne figurant pas dans le livre blanc de Hashgraph, provient de ce message de l’équipe sur Reddit, un forum de discussion bien connu, entre autres, des aficionados de la cryptomonnaie.

En l’absence de trading, ce crypto-actif n’est classé sur aucun site tel que Coinmarketcap. S’il l’était, il serait déjà à la quatrième place. Surprenant, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tout. En faisant le calcul, on peut déduire qu’il existe 50 milliards de pièces Hashgraph au total.

L’objectif de l’équipe Hashgraph est simple : il s’agit de mettre en place une forme de registre distribué d’un nouveau genre, plus rapide que le Bitcoin, plus sécurisé, et plus fiable. L’idée repose en fait sur l’amalgamation de technologies existantes, et notamment les graphes orientés acycliques. Ainsi qu’une nouvelle forme de consensus, le commérage (de l’anglais gossip).

Tout cela étant en apparence très appétissant, une petite analyse des technologies employées s’impose.

 

Détails des technologies employées par Hashgraph

Pour faire simple, dans le cas du Hashgraph, chaque nœud réseau assemble son propre graphe orienté acyclique représentant les événements existants, en fonction des données qui lui sont transmises de manière aléatoire par l’un des autres nœuds du réseau. Les nœuds valident ou invalident les transactions en fonction de la fiabilité de certains événements définis comme « célèbres », qui servent de points de repère d’un nœud à l’autre, et qui sont choisis en fonction de leur taux de présence sur les nœuds du réseau.

Un événement dont beaucoup de nœuds auront connaissance sera jugé « célèbre » et servira de point de repère pour déterminer dans quel ordre les autres événements arrivent.

Toutefois, tout n’est pas rose et cette méthode de consensus pose certains problèmes. Il existe notamment des cas dans lesquels, en dehors de tout dysfonctionnement ou attaque, il est possible que les transactions ne soient pas ordonnées correctement. En outre, de simples dysfonctionnements comme un plantage peuvent suffire à totalement invalider des transactions. Pour les plus curieux, ce document (rédigé en anglais) contient plus d’explications à ce sujet.

Un autre des problèmes consiste en le fait que cette technologie soit brevetée et non open source. Certains éléments seront affichés publiquement à partir de la version 1.0, mais cela reste problématique lorsqu’il s’agit d’un élément qui se veut universel. La moindre faille aurait une incidence catastrophique… Et rien de mieux que le code non public pour permettre l’existence de failles. Ce n’est pas sans raison que la quasi-totalité des crypto-actifs à ce jour sont entièrement open source.

 

Modèle de gouvernance de Hashgraph

Au-delà de ces principes technologiques, Hashgraph innove en proposant la mise en place d’un comité de gestionnaires appelé Conseil Hedera Hashgraph. Il s’agit d’un groupe composé d’un maximum de 39 « organisations globales réputées » chargées de décider de différentes choses.

Parmi les prérogatives de ce groupe, se trouvera la possibilité d’élire les membres d’un Comité de Direction, lui-même chargé de décider des modifications technologiques à apporter.

Et c’est à ce moment que le voile commence à tomber : dans un paragraphe de son livre blanc, l’équipe Hashgraph indique que :

« Notre modèle de gouvernance est basé sur le modèle original utilisé par la National Bank Americard Inc., fondée en 1968, qui a été ultérieurement renommée VISA »

Autrement dit, ce crypto-actif est conçu pour fonctionner de la même manière qu’une banque.

Il faut également savoir que le modèle de Hashgraph ne laisse pas la place aux particuliers souhaitant mettre en place des nœuds réseau : les 250.000 transactions vantées par la société ne sont possibles qu’avec un groupe extrêmement réduit de nœuds, triés sur le volet et possédés par des grosses sociétés. Cela pourrait changer un jour, mais pour l’instant, la participation au réseau Hashgraph demeure interdite aux gens comme vous et moi.

Ce qui est tout de même dommage, après les promesses faites un peu plus haut sur la même page que la citation précédente.  La société y vend le rêve d’un « cyberespace de confiance, ne nécessitant pas de serveurs centraux », dans lequel « aucun membre Gouverneur ou groupe de membres Gouverneurs ne dispose d’un contrôle centralisé ». Il semblerait que les multinationales fassent exception à cette règle. Peut-être est-ce parce que le statut de « membre Gouverneur » est accordé pour une durée déterminée…

Mais pour une raison difficile à cerner, j’ai l’impression que ce genre de limites ne pose aucun problème aux mêmes grosses entreprises pour manipuler la société dans son ensemble.

En fait, ce genre de système est tout simplement une invitation à la création d’une espèce d’oligarchie dans laquelle les multinationales s’élisent entre elles et ne prennent que des décisions allant dans leur sens, les utilisateurs du réseau étant contraints de subir sans aucune possibilité de réponse.

Dernier point non négligeable : le réseau est conçu pour que la société qui en est propriétaire touche des dividendes qui doivent lui être payés par le Conseil de Gouvernance. Ce petit détail tend également à indiquer que le but principal du projet est de générer de l’argent, et non pas de mettre en place un crypto-actif véritablement novateur et permettant à la Société dans son ensemble de faire un pas en avant.

Cette idéologie se retrouve d’ailleurs dans la présence de multiples frais différents relatifs à l’utilisation du réseau : frais de transaction, frais de routage par les nœuds réseau, frais de service liés aux applications utilisées… Il semblerait que Hashgraph tente d’imiter le système de taxes français, contrairement aux crypto-actifs comme NANO qui misent sur la gratuité de fonctionnement.

 

Avantages et inconvénients du projet Hashgraph

Avantages

  • Rapidité des transactions
  • Économe en énergie
  • Protocole relativement novateur (intéressant en matière de recherche théorique)

Inconvénients

  • Conception irrémédiablement centralisée
  • Liens douteux avec l’armée américaine
  • Système breveté et non open source
  • Protocole novateur n’ayant pas fait ses preuves en matière de sécurité, scalabilité
  • Coût d’utilisation

 

Conclusion

Même en prétendant être naïf, il est évident que Hashgraph demeurera pour le futur proche comme lointain un actif extrêmement centralisé, et extrêmement susceptible aux manipulations que les multinationales sont capables d’imaginer.

Il est né avec pour seul but de générer de l’argent, et ne correspond aucunement aux idéaux recherchés par les crypto-monnaies « classiques ». Et pour couronner le tout, le projet a été lancé par deux personnes ayant un lien non négligeable avec l’armée américaine, ce qui n’est jamais de bonne augure, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de technologie informatique.

 


Comment acheter du Hashgraph ?

Le Hashgraph n’est pour l’instant pas disponible à la vente. Cette fiche sera mise à jour dès que ce sera le cas.

 


Notes et avis sur le projet Hashgraph

Vous pouvez maintenant attribuer une note sur 5 à cette cryptomonnaie à partir du module ci-dessous. N’hésitez pas également à commenter cette fiche pour nous donner votre avis sur le projet Hashgraph, nous faire part de vos questions/remarques et nous dire quelles fiches vous aimeriez voir sur Cryptoast prochainement.

 

Quelle est votre note sur Hashgraph ?

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

 


Benjamin

Passionné de crypto à ses heures perdues, Benjamin est un juriste originaire du Sud de la France. Il est également philosophe, et il aime le foot, les échecs et les porte-bonheurs chinois.

facebook-cryptoast twitter-soothsayerdata


Poster un Commentaire

avatar