Depuis la chute du cours en mars dernier, les frais de transaction d’Ethereum (ETH) ont été multipliés par 3. Une situation difficilement tenable pour les utilisateurs de la blockchain alors qu’Ethereum 2.0 continue de se faire attendre.

 

Un mois de mai sous le signe de la hausse

Le jeudi 12 mars 2020 a marqué un tournant dans le fonctionnement d’Ethereum. Au début de l’année 2020, le prix du gaz Ethereum se situait sous les 0,05 $ pour les opérations courantes (soit entre 2 et 8 Gwei par unité de gaz d’après la Gas Station Ethereum) et aux environs de 0,5 $ pour les transactions les plus compliquées.

Depuis la chute du cours, le jeudi 12 mars 2020, un pas critique semble avoir été franchi dans le fonctionnement de la blockchain. Les prix ont quasiment triplé et restent obstinément élevés, oscillants entre 15 et 20 Gwei par unité de gaz et grimpant jusqu’à 120 Gwei les plus mauvais jours.

Frais Ethereum

Evolution des frais d'Ethereum - Source : YCharts

Un réseau congestionné et des frais de transaction élevés pourraient être dans l’absolu des signes positifs. Ils semblent prouver l’existence d’une demande forte et constante pour Ethereum. Néanmoins, ces tarifs particulièrement élevés rendent le réseau quasiment inutilisable ces derniers jours, notamment pour les plus petits utilisateurs.

Cette augmentation des frais de transaction est d’autant plus problématique qu’elle semble durable et qu’aucune issue ne se profile à l’horizon. Les investisseurs vont-ils devoir s’habituer à ces tarifs et optimiser avec davantage de vigilance chacune de leurs transactions ?

 

Un problème structurel et récurrent pour ETH

Le problème n’est pas nouveau, il est même structurel au réseau Ethereum. Vitalik Buterin a déjà reconnu à plusieurs reprises que sa blockchain avait été lancée trop tôt et que si c’était à refaire, on ne l’y reprendrait plus.

Ainsi dans un tweet posté le 15 mai 2020, il explique :

 Mon plus grand regret est de n’avoir pas lancé ETH1 en juillet 2015 plutôt qu’en septembre 2014. Cela nous aurait permis de régler les lacunes d’ETH1, celles que nous allons passer des années à réparer péniblement. Arbre hexagonal, RLP, coûts du gaz, abstraction des comptes… 

Le réseau est en effet, capable d’effectuer environ 15 transactions par seconde, au-delà, les choses commencent à devenir chaotiques et compliquées, comme cela a été démontré à de nombreuses reprises.

Ainsi, au plus fort de la bulle ICO (début 20018), Ethereum avait déjà quasiment cessé de fonctionner. Les frais de transaction quotidiens moyens avaient alors explosé jusqu’à atteindre les 4 dollars. Une situation intenable qui nécessite des « fix » rapides.

 

ETH 2.0 sortira-t-il à temps ?

Ethereum 2.0 a l’ambition de régler ces problèmes de congestion, mais aucune date de sortie n’est arrêtée et la roadmap précise reste floue. L’impatience est grande du côté de la communauté.

Vitalik Buterin a encore dû démentir une rumeur qui espérait la sortie d’Ethereum 2.0 à l’été 2020. Il botte soigneusement en touche quand il s’agit de donner une date précise.

En mars 2020, il avait déclaré au Journal du Net à l’occasion de l’ETHCC3 :

Nous ne sommes pas loin de lancer le Proof-of-Stake (la première étape, ndlr), ensuite il y a aura le sharding (pour rendre le réseau plus scalable, ndlr) puis la fusion des deux plateformes Ethereum (l’ancienne et la nouvelle, ndlr). Pour chaque phase, et c’est déjà le cas pour la première, nous réalisons d’abord des tests du réseau et des examens de sécurité, puis nous nous assurons de sa stabilité avant tout lancement.

Il faudra donc rester patient et accepter des frais de transaction toujours plus élevés.

👉 À lire sur le même sujet : Ethereum 2.0 : 66% des investisseurs comptent staker leurs ETH

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A propos de l'auteur : Amandine Mangin

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Journaliste de formation, j'ai acheté mes premiers satoshis en 2015 et j'ai immédiatement adhéré à l'état d'esprit joyeusement innovant et contestataire des crypto-monnaies. Mon credo : je préfère avoir tort avec les cryptos que raison avec mon PEL.
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