D'après un rapport de Sputnik News Uzbekistan publié le 22 décembre, les autorités ouzbèkes ont interdit l'achat de cryptomonnaies dans le pays.

 

Une décision inattendue

L'ordonnance sur le sujet émise par le directeur de la National Agency of Project Management, une agence gouvernementale, précise :

Les capitaux en cryptomonnaies ne peuvent pas être utilisés sur le territoire de la République d'Ouzbékistan comme un moyen de paiement ou de règlement.

Bien que le nouveau règlement interdise aux citoyens d'acquérir ou de vendre des cryptomonnaies, il confère certaines autorisations aux détenteurs actuels de cryptomonnaies. Ceux-ci ont alors, fort heureusement, l'autorisation temporaire de vendre leurs crypto-actifs sur deux exchanges agréés par le gouvernement, Forklog and Sputnik.

Afin de prévenir le problème du blanchiment d'argent, les citoyens concernés doivent passer par plusieurs processus d'identification poussés (KYC) avant de pouvoir vendre leurs cryptomonnaies. Ils devront également prouver l'origine des biens qu'ils possèdent, tout crypto-actif dont l'origine ne pourra être prouvée sera considéré comme illégal et ne pourra pas être vendu sur les exchanges.

Cette décision totalement imprévisible survient 14 mois après que le pays ait légalisé et réglementé le trading de cryptomonnaies. En septembre 2018, l'Ouzbékistan commençait alors à émettre des licences pour les plateformes d'échanges et autorisait par conséquent le trading des crypto-actifs à ses citoyens.

 

La blockchain également écartée ?

Cette interdiction d'acheter des cryptomonnaies a été surprenante pour les citoyens, car les autorités n'avaient jamais auparavant fait valoir leur opposition aux cryptomonnaies. Dans les faits, le gouvernement local semble rester en faveur de l'utilisation de la blockchain et avait même fait valoir que celle-ci pouvait grandement contribuer à accroître la transparence de l'économie nationale.

En septembre 2018, le président Shavkat Mirziyoyev avait décrété la création d'un fonds d'État pour le développement de la blockchain baptisé « Digital Trust ». En juillet dernier, il a également approuvé un décret sur le développement et l'intégration de la technologie de la blockchain dans l'administration publique du pays.

Toutefois, l'année dernière, le gouvernement a signé un accord avec la Korean Blockchain Business Association qui devait aider à la mise en œuvre du projet « Revolution 4.0 » de l'Ouzbékistan visant à développer l'industrie de la blockchain sur le territoire.

Cette coopération devait mener à l'établissement d'un exchange national, d'un complexe industriel pour le mining, d'une académie pour la blockchain et à la légalisation des ICOs. Avec cette décision, il n'est pas certain que toutes ces initiatives eurent réellement progressé depuis lors.

 

Cette nouvelle loi pourrait toutefois s'avérer inefficace. Les Ouzbeks peuvent toujours utiliser un réseau privé virtuel (VPN) pour contourner l'interdiction et accéder à des plateformes étrangères afin de se procurer et de vendre des cryptomonnaies. Cependant, un problème majeur persistera, celui de la conversion de crypto-actifs en monnaie fiat locale, que le gouvernement s'avisera de bien contrôler.

 

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
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