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Le réseau de paiement Monero (XMR) a estimé qu’il n’était pas sujet aux directives du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), et notamment à la « travel rule » censée concerner les crypto-actifs anonymes.

 

La « travel rule », c’est quoi ?

Comme nous vous l’avions rapporté en octobre, le FinCEN, qui lutte contre les crimes financiers aux États-Unis, était parti en guerre contre les crypto-monnaies anonymes. Ses directives, mises à jour en mai 2019, visent à encadrer les envois de fonds pour les entreprises de services financiers. La « travel rule » en particulier indiquait que pour tous les échanges de fonds supérieurs à 3 000 dollars (USD), les fournisseurs de service doivent enregistrer des informations très précises sur la transaction. Cela inclut le nom de l’envoyeur et du destinataire, les numéros de compte, le montant envoyé, l’adresse de deux parties et « toute autre information spécifique permettant d’identifier le destinataire ».

Ces demandes d’information vont bien sûr à l’encontre du fonctionnement du réseau Monero, qui est censé proposer des transactions en monnaie virtuelle anonymes pour l’ensemble de ses utilisateurs. C’est pourquoi il était crucial pour l’altcoin de trouver des moyens de contourner la règle aux États-Unis.

 

Monero : pas concerné par les directives du FinCEN ?

Comme l’explique un article de blog publié en début de mois, Monero considère que cette « travel rule » ne s’applique tout simplement pas aux services qu’il propose. Pour étayer son propos, l’altcoin explique que la règle du FinCEN indique que les données liées aux transactions ne doivent pas forcément être communiquées en même temps que la transaction en soi.

Il cite ainsi la directive : « si un protocole de transmission est dans l’incapacité de prendre en compte ces informations, les personnes obligées doivent les fournir dans un message différent de l’ordre de transmission ». Traduction : les informations demandées par la « travel rule » ne sont pas destinées à être inscrites dans la blockchain. Les recommandations du GAFI sont similaires : « Il n’est pas nécessaire que cette information soit attachée directement aux transferts des actifs virtuels ».

Monero conclut donc que ces directives concernent uniquement des entités régulées, qui peuvent fournir ce type d’informations avec chaque transaction. Ce n’est pas le cas de Monero, qui est considéré dans ce cas strictement comme un actif. L’article conclut : « Il serait inapproprié de dire qu’une crypto-monnaie quelle qu’elle soit serait en conformité ou non avec la “travel rule”, car celle-ci semble s’appliquer aux entités régulées, et pas aux actifs sous-jacents que ces entités échangent ».

Pas sûr cependant que cette pirouette permette à Monero de s’en sortir. L’altcoin a été délisté par plusieurs exchanges récemment, en amont de l’application des régulations du GAFI.

 

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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