Projection – Et si… les États-Unis coupaient l'accès aux GAFAM à la France ?

Dans cet épisode de notre série « Et si… », nous nous projetons dans une réalité parallèle afin d'étudier les répercussions d'une rupture numérique majeure. Cap sur un monde où, par un simple décret présidentiel, les géants de la tech américaine ferment leurs portes à la France.

Projection – Et si… les États-Unis coupaient l'accès aux GAFAM à la France ?

 


Il est 9h00. Votre réveil sonne et vous ouvrez les yeux sur un lundi matin pas comme les autres.

Comme à votre habitude, vous ouvrez X (Twitter) pour prendre le pouls de la journée, mais rien ne se passe. L'application tourne dans le vide. Un bug ? Vous passez sur vos mails, puis sur Instagram : même silence numérique.

Le malaise s'installe. Dans un réflexe que vous n'aviez pas eu depuis des années, vous allumez votre télévision pour regarder les chaînes d'information en continu. À l'écran, un bandeau rouge défile en boucle. Les GAFAM ont coupé l'accès à l'Hexagone.

La suite ressemble à un effet domino. Des PME n'arrivent plus à se connecter à leurs comptes Gmail. Des équipes IT voient tomber leurs consoles d'administration cloud et les applications disparaissent des stores. Dans certains hôpitaux, les outils de planification et de communication cessent brusquement de répondre.

GAFAM

L'impact opérationnel : un effet domino inévitable

Dans les 48 à 72 heures suivant la coupure, l'enjeu dépasse largement l'impossibilité de faire une recherche sur Google. Le véritable danger réside dans la dépendance structurelle des organisations françaises à 4 piliers critiques.

Identité et authentification

C'est le point de rupture le plus critique. De nombreuses organisations reposent sur des annuaires Cloud ou des systèmes de SSO (Single Sign-On) américains. Si cette brique d'identité s'effondre, l'accès à l'ensemble des logiciels devient impossible. Sans identité, tout le système nerveux s'arrête.

Productivité et collaboration

La disparition instantanée des outils de bureautique, des documents partagés, des visioconférences et des calendriers paralyse les workflows. La perte de productivité est immédiate et massive.

Infrastructure en danger

Au-delà du simple stockage, c'est l'accès aux bases de données, aux outils d'analyse de données et aux services de sécurité qui est coupé, laissant les infrastructures techniques à nu.

Écosystème mobile

La fermeture des stores (App Store, Google Play) empêche toute mise à jour de sécurité et tout correctif. À court terme, cela crée une rupture des canaux de distribution et expose les flottes mobiles à des vulnérabilités critiques.

Le cas critique des hôpitaux

Pour le secteur de la santé, le risque n'est pas l'arrêt total des soins, mais une bascule critique vers un mode dégradé. Les hôpitaux perdraient leurs systèmes de planification, de messagerie sécurisée et de sauvegarde Cloud. Le retour forcé aux procédures manuelles et au papier entraînerait mécaniquement un allongement des délais de prise en charge et une augmentation du risque d'erreurs administratives.

Dans son ensemble, cette situation force les entreprises à une découverte brutale : elles réalisent qu'elles ne maîtrisent pas toujours l'intégralité de leurs dépendances techniques.

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La résilience de l'État face au choc

De son côté, l'administration française dispose d'une culture de la résilience et d'hébergements souverains pour ses périmètres régaliens. Toutefois, l'État n'est pas une île : il dépend aussi d'outils collaboratifs, de clouds publics et de chaînes d'approvisionnement IT internationales (support technique, certificats, patching).

Si la coupure visait prioritairement les entités publiques, l'État ferait face à une désorganisation immédiate. Pour éviter que cette panne ne devienne un accident industriel national, la France n'aurait d'autre choix que d'activer un plan de reconquête en deux temps.

L'urgence : les premiers jours

Il n'existe aucun bouton « remplacer les GAFAM » en 2 semaines. La priorité absolue est de reprendre le contrôle de l'identité numérique et des communications critiques. Pour empêcher que la paralysie ne se transforme en accident industriel, un plan d'action limpide doit être déployé :

  • Cartographier les dépendances : quels services reposent sur quoi ?
  • Basculer vers des solutions de repli (messagerie temporaire, visio alternative, fichiers via serveurs internes, VPN/Zero-Trust alternatif)
  • Geler les changements non essentiels pour éviter d'ajouter du chaos.
  • Sécuriser les endpoints (patching, EDR, durcissement, segmentation réseau)
  • Lancer une communication de crise (procédures papier, numéros dédiés, chaînes courtes)

France Réseau

Le rebond : Vers une autonomie structurelle

Ensuite, la France et l'Union européenne feraient ce que font les entreprises quand elles se rendent compte qu'un fournisseur représente un risque systémique.

D'abord, on bascule progressivement vers des acteurs européens (OVHcloud, Outscale, Scaleway) et vers des clouds privés pour les périmètres critiques. Le vrai enjeu sera la disponibilité des compétences et la capacité à ré-architecturer.

Ensuite, on reprend un annuaire maîtrisé et on évite le verrou propriétaire. À long terme, l'autonomie viendra de trois décisions structurantes que sont d'acheter différemment, de former massivement et d'industrialiser la résilience.

Certes, la France devrait accepter de payer un peu plus cher au début et de sacrifier une part de confort utilisateur. Mais le bénéfice à l'arrivée est inestimable : celui de ne plus jamais découvrir, en pleine crise géopolitique, que son système nerveux dépend du bon vouloir d'un seul fournisseur étranger.

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Pourquoi les États-Unis feraient-ils cela ? Et comment pourraient-ils le faire ?

Le moyen le plus réaliste d'appliquer de telles restrictions n'est pas technique au sens des réseaux (BGP, câbles, etc.), mais plutôt juridico-réglementaire. C'est-à-dire faire en sorte que des entreprises américaines (ou très exposées au marché des États-Unis) n'aient plus le droit de fournir certains services, ou prennent un risque pénal/financier énorme si elles continuent. Pour cela, trois familles d'outils existent :

  • Sanctions / OFAC : l'Office of Foreign Assets Control peut imposer des interdictions de fournir des biens/services à des cibles désignées. Côté logiciel, ça se traduit par des comptes fermés, des ventes stoppées, des accès restreints et les entreprises s'alignent parce que l'amende et le risque réputationnel sont massifs. Pour information, l'idée que des services puissent être considérés comme une exportation sanctionnable est déjà documentée ;
  • Contrôles export (BIS / EAR) : les États-Unis élargissent depuis plusieurs années les contrôles sur les technologies critiques (semi-conducteurs, IA, modèles, etc.) et l'extension au cloud/accès à distance devient de plus en plus explicite dans les débats et texte ;
  • Régulation des ICTS et sécurité nationale : les règles américaines sur les technologies et services de communication (ICTS) permettent d'enquêter/restreindre des transactions technologiques jugées à risque pour la sécurité nationale. Ce n'est pas l'arme la plus simple, mais c'est un cadre qui montre la tendance selon laquelle le numérique est devenu une arme de politique publique.

Globalement, sans blackout total, les GAFAM peuvent couper ou réduire drastiquement les licences et renouvellements, l'accès aux consoles cloud, les services managés (sécurité, stockage, messagerie), les stores (Apple Store/Google Play) sur un territoire et certains services grand public (authentification, email, bureautique, visio, etc.). Le plus crédible serait une coupure progressive et par couches, donc d'abord les contrats publics sensibles puis certains secteurs.

Mais pourquoi les États-Unis feraient-ils ça à un allié comme la France ? Parce que ce genre d'armes ne sert pas qu'à punir un ennemi. Elles servent à forcer un rapport de force quand une négociation bloque. On connaît déjà quelques éléments déclencheurs plausibles :

  • Escalade commerciale/fiscale : une confrontation sur la taxation du numérique, des mesures de rétorsion tarifaires, des amendes ou un démantèlement perçu comme hostile ;
  • Divergence géopolitique majeure : une crise où Washington veut contraindre l'alignement européen (sanctions, export controls, politiques industrielles) ;
  • Conflit sur la souveraineté des données : un refus d'accès, une enquête ou un choc politique autour de la donnée. Le débat sur l'extraterritorialité du droit des États-Unis existe depuis longtemps puisque le CLOUD Act et ses implications sont régulièrement discutés côté européen ;
  • Signal stratégique : le but serait de rappeler une dépendance structurelle comme levier de négociation.

Soyons clairs, ce serait un acte extrêmement agressif avec des coûts diplomatiques énormes, mais l'histoire récente montre surtout que lorsqu'un logiciel devient une infrastructure, il devient aussi sanctionnable.


Bien que ce scénario paraisse extrême, il n'est pas absurde sur le plan mécanique. Les GAFAM sont des entreprises soumises à la juridiction américaine ou fortement exposées à celle-ci. L'histoire récente a déjà montré que des services numériques pouvaient être stoppés net sous le poids de contraintes réglementaires ou de sanctions internationales.

Cependant, il faut comprendre que ce scénario reste assez improbable en version totale, car le coût politique et économique serait gigantesque. Il reste cependant crédible en version partielle et il suffit d'une seule coupure pour provoquer un choc de confiance.

La leçon à retenir est que toute dépendance non cartographiée finit par devenir un risque, et en 2026, le numérique n'est plus un outil, il est devenu une infrastructure stratégique.

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