Projection – Et si… votre vie numérique ne vous appartenait plus ?
Dans ce nouvel épisode de la série « Et si… », nous nous projetons dans une réalité parallèle afin d'étudier les répercussions d'un événement dystopique. Cap sur un monde où, au nom de la protection des mineurs et de la lutte contre la fraude fiscale, les détenteurs de portefeuilles crypto auto-hébergés doivent déclarer leurs actifs numériques et où l'État surveille entièrement les réseaux sociaux. Qu'est-ce que cela changerait dans notre quotidien et quelles sont les solutions pour protéger sa vie privée ? Avec Nicolas Bacca, cofondateur de Legder et PDG de ZKnox.
⏰ Il est 9h00. Votre réveil sonne et vous ouvrez les yeux sur un lundi matin pas comme les autres.
Vous regardez la date du jour, nous sommes le 26 juillet 2026. Cela fait 6 mois que la loi sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans a été adoptée. Vous vous dites que cela vous semble raisonnable au premier abord. Protéger les enfants des algorithmes et des comportements de prédateurs est tout à fait légitime.
Pourtant quelque chose vous gêne dans cette histoire. Un frisson parcourt votre corps. Et si ce réflexe protecteur cachait une sombre vérité ? Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Tout, en réalité.
Le gouvernement français a maintenant bien consolidé les bases de données d'identité et la CNIL a créé des registres d'identité numérique centralisés. L'empreinte numérique de chaque citoyen est désormais liée à un identifiant unique contrôlé par l'État.
Une seule base de données. Une seule faille de sécurité potentielle. Une seule interface administrative reliant le visage, le nom, l'adresse, le numéro de téléphone et les historiques de chaque individu sur les réseaux sociaux.
Vous fermez les yeux. Vous les rouvrez. Nous sommes désormais en fin d'année 2026 et la centralisation s'est accélérée.
Le gouvernement ne se contente plus de connaître vos avoirs en crypto, il sait également sur quels réseaux sociaux vous scrollez, à quelles heures et depuis quels appareils.
Hack des données centralisées, le piratage de trop
15 mars 2027. Des cybercriminels d'origine inconnue ont publié de nouvelles données sur le dark web. Ce sont toutes les identités numériques des citoyens français. Noms, adresses, numéros de téléphone, actifs numériques.
En moins de 24 heures, les données ont circulé sur des groupes privés Telegram liés au crime organisé et en moins de 48 heures, les premières attaques ciblées ont commencé. Vous lisez le journal. Stupeur. Des crimes de partout.
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La criminalité est devenue décentralisée avec une collaboration entre différents acteurs, rendant difficile la recherche de responsables.
Un développeur de logiciels a reçu la visite d'hommes armés connaissant ses avoirs en bitcoins. Un trader a été pris en embuscade sur le chemin du retour de son lieu de travail, connu des malfaiteurs. Une famille d'un banquier d'affaires a été prise en otage. Les différents criminels connaissent tout de leur cible.
Heureusement que vous aviez vendu vos cryptos au dernier top de marché. Mais bizarrement vous n'êtes pas rassuré pour autant en vous demandant comment des données aussi sensibles avaient-elles été compromises ?
Une enquête interne a révélé une vérité terrifiante. La base de données avait été piratée non pas grâce à une faille du système, mais bien par erreur humaine. Un administrateur informatique, surchargé de travail, avait réutilisé le même mot de passe sur plusieurs systèmes. Un seul mot de passe volé a permis d'accéder aux données de millions de personnes.
La vérification biométrique, un contrôle total des citoyens

Quelque temps après le plus grand piratage que venait de vivre le pays tout entier, le registre français d'identité numérique était opérationnel. De votre naissance à votre mort, vous possédez désormais un identifiant biométrique unique lié à une base de données centralisée. L'objectif est simple. Prévenir toute nouvelle violation de données. Les conséquences sont réelles, la surveillance de l'État est totale.
L'accès aux réseaux sociaux nécessite désormais votre authentification biométrique. Reconnaissance faciale, empreintes digitales et scan d'iris sont de mise. Chaque connexion est enregistrée et horodatée. Officiellement, le système protège contre la fraude. En pratique, vous êtes identifiable et chacune de vos actions est traçable.
En ce début d'année 2028, le gouvernement a intégré ce nouveau système à l'infrastructure de surveillance financière. Désormais, les données d'identité biométrique fusionnent avec les données de transactions financières. Chacune de vos transactions en bitcoin est lié à votre visage. Votre vie privée ? Vous en avez déjà oublié le sens. Mais rassurez-vous, l'État vous protège maintenant.
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Techniquement, ce n'est pas simple de lier une identité biométrique à une transaction Bitcoin car les données biométriques sont généralement stockées de manière sécurisée et locale, mais dans un scénario extrême de surveillance totale, la vie privée est difficile à protéger.
BipBipBip ⏰
La lumière frappe votre visage à travers vos volets mal fermés. Vous voilà sorti de votre sommeil. Quel cauchemar. Un moment d'égarement. Vous vous précipitez sur votre téléphone. Nous sommes toujours en 2026 et le pire n'est pas arrivé.
Les technologies permettant d'allier sécurité et vie privée
Aujourd'hui, l'État manque de compréhension concernant les technologies comme le zero knowledge proof et le chiffrement homomorphe, créant un véritable décalage entre les lois et la réalité numérique des Français.
Les Zero-knowledge Proofs permettent de prouver à une partie tierce la véracité d'une affirmation sans révéler pour autant les informations sous-jacentes. Dans le contexte de notre récit, ce serait comme prouver que vous avez 15 ans sans pour autant révéler votre date de naissance, votre nom ou toute autre information à caractère privé.
Appliquée à la vérification de l'âge, la technologie ZKP permettrait aux réseaux sociaux de vérifier l'âge des utilisateurs grâce à cette preuve cryptographique plutôt que de conserver des données d'identité susceptibles d'être piratées. Nicolas Bacca insiste sur le fait que :
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L'État français n'utilise pas les technologies ZKP parce qu'il n'a pas encore pleinement conscience de ces technologies, il y a un manque de formation et de compréhension des risques liés à la centralisation des données.
Le chiffrement homomorphe, quant à lui, est quelque peu différent. Il permet d'effectuer des calculs sur des données chiffrées sans toutefois les déchiffrer au préalable. Appliqué à la crypto, le chiffrement homomorphe permettrait aux autorités fiscales de vérifier la conformité des transactions aux exigences de la directive DAC8 sans avoir besoin d'accéder aux données d'identité des investisseurs. Cependant, selon Nicolas Bacca :
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Les technologies comme le chiffrement homomorphe sont coûteuses, difficiles à mettre en œuvre, non décentralisées et soumises à de nombreux brevets qui freinent l'innovation et la diffusion. Le ZK-Proof est considéré comme la technologie la plus appropriée pour prouver des informations sans révéler d'autres données.
La voie à ces technologies cryptographiques reste largement inexplorée. Les conditions nécessaires pour que celles-ci soient adoptées par l'État sont une meilleure compréhension des risques, une prise de conscience accrue, et une évolution des mentalités dans les milieux décisionnels.
Cependant, les bases de données centralisées prolifèrent encore aujourd'hui, collectant toujours plus de données et créant des cibles toujours plus importantes pour les violations et les abus. Voici les conseils de Nicolas Bacca pour se protéger au mieux :
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Donner le moins d'informations possible, utiliser des adresses email différentes par service, utiliser des gestionnaires de mots de passe, activer l'authentification à deux facteurs, et toujours réfléchir aux risques en cas de fuite de données.
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