Le marché des œuvres d'art est dans sa globalité inaccessible au commun des mortels en raison de la valeur exorbitante de certaines œuvres. Et s'il était possible d'en acheter qu'une partie et de partager la propriété avec d'autres personnes ? C'est ce que propose Pascal « PBOY » Boyart, un artiste français qui tokenise la plupart de ses peintures disséminées dans la ville de Paris.

PBOY n'est pas le seul artiste proposant des œuvres de ce type, mais la qualité de son travail et les efforts qu'il déploie pour faire connaître les cryptomonnaies et la décentralisation au travers de ses créations méritent d'être mis en lumière.

Comment PBOY est-il devenu l'une des références mondiales dans le monde du Cryptoart ? Découvrons cela ensemble !

 

Qui est Pascal « PBOY » Boyart ?

Pascal Boyart, aka PBOY, artiste peintre basé à Paris, grandit près du célèbre terrain vague de la Chapelle. Située au nord de la capitale, cette zone est considérée comme le berceau du graffiti européen.

Naturellement, Pascal Boyart se fait rapidement un nom dans le milieu de l'art urbain en débutant en tant que graffeur. Inspiré par les peintres Goya, Pollock et Freud, PBOY gagne en popularité grâce à sa maîtrise de la technique.

Après une quinzaine d'années à recouvrir  les murs de la capitale de ses fresques réalistes, PBOY se concentre aujourd'hui sur la représentation du regard humain et de toutes les expressions qu'il véhicule.

Pascal Boyard

Pascal « PBOY » Boyart peignant « Delacroix vs BCE »

En mêlant une démarche créatrice héritière de la culture urbaine et une sensibilité classique, son approche matérielle de la peinture associe des techniques de peinture traditionnelles aux nouvelles technologies. C'est là, entre autres, qu'interviennent le Bitcoin et la tokenisation.

Particularité de l'artiste, PBOY a été le premier muraliste à avoir accepté les dons en Bitcoin grâce à un QR Code apposé à ses créations.

Cela permet aux passants de le soutenir directement sans passer par un intermédiaire quelconque. Il suffit d'un smartphone équipe d'un wallet Bitcoin pour envoyer des dons instantanés :

Dons Bitcoin Pboy

Le QR code de donation Bitcoin de PBOY

 

Pourquoi tokeniser des œuvres d'art ?

Pour s'assurer de l’authenticité ainsi que l’appartenance d'un bien à l'aide de la blockchain, la tokenisation est sûrement la technique la plus efficace.

La tokenisation est le procédé qui consiste à créer un token non fongible (NFT) qui représente directement un actif sous-jacent et sa valeur.

L’avantage de l'utilisation de ce procédé est que n'importe lequel des biens peut être numérisé tout en s'assurant que sa transmission entre différents propriétaires se passe sans accrocs.

Les tokens non fongibles sont par conséquent uniques et identifiables. Ainsi, deux NFTs ne seront jamais exactement identiques et interchangeables, chacun aura des caractéristiques spécifiques qui le définiront.

Par exemple, dans le cas d'un NFT lié à une oeuvre d'art, celui-ci pourra être accompagné d'une image reprenant la partie de l'oeuvre à laquelle il correspond, d'un nom, d'une description, d'un prix, d'un historique de propriété ainsi que du nom de son propriétaire actuel.

L'utilisation des NFTs était donc évidente pour PBOY. Malgré la censure régulière à laquelle il fait face ou bien au recouvrement de ses fresques par d'autres, la blockchain Ethereum permet aux œuvres de l'artiste de survivre virtuellement et surtout de se faire une place dans un marché décentralisé.

Après que certaines de ses fresques aient été effacées, l'artiste leur a donc offert une seconde vie sur la blockchain. Disponibles sur la place de marché d'OpenSea, ce sont aujourd'hui 5 fresques ayant disparues du monde réel qui ont été tokénisées :

Delacroix vs BCE

Les 2 NFTs de « Delacroix vs BCE » vendus à 20 ETH chacun

Pour ce faire, PBOY divise ses fresques et plusieurs parties et les propose à la vente pour la somme initiale de 0,5 ETH. Par exemple, pour sa 3e fresque tokenisée nommée « Delacroix vs BCE » peinte en août 2018, PBOY l'a divisée en 2 parties égales.

Fait impressionnant en ce qui concerne cette peinture, ses 2 NFTs représentés par des GIFs ont été vendus à l'utilisateur WhaleShark pour un total de 40 ETH le 3 janvier 2020. Cela représentait lors de la vente près de 5400 dollars. Une somme particulièrement remarquable pour des NFTs, mais à la hauteur du travail accompli par l'artiste.

Le Désespéré 2019

Les 3 NFTs de « Le Désespéré 2019 » vendus à 12 ETH chacun

Autre exemple notable, les NFTs de la 4e fresque tokenisée de PBOY, « Le Désespéré 2019 ». Ceux-ci sont au nombre de 3 et ont été vendus le 20 décembre 2019 pour la somme de 36 ETH, soit un total de 4600 dollars le jour de la vente.

👉 Lisez notre dossier sur les tokens non fongibles pour tout apprendre sur ces tokens tout à fait particuliers.

 

Le musée virtuel de Cryptovoxels

Cryptovoxels est un monde virtuel basé sur la blockchain Ethereum. Au sein de ce monde virtuel, les utilisateurs peuvent, par exemple, acheter des terrains, y construire des bâtiments ou toute autre structure, puis les revendre à d'autres utilisateurs.

Chaque création dans Cryptovoxels peut donc être vendue comme un token non fongible. Il est alors possible pour quiconque de créer ce qu'il souhaite dans ce monde pour ensuite le vendre.

Cela signifie que tout ce qui est présent dans le monde virtuel est la propriété des utilisateurs et que cette dernière peut passer de mains en mains. Les biens présents dans Cryptovoxels, y compris les terrains et les œuvres d'art, peuvent être achetés ou vendus sur le marché décentralisé d'OpenSea.

Un tel monde virtuel était donc le terrain idéal pour Pascal Boyart et l'exposition de l'une de ses œuvres. Ainsi, un utilisateur du nom de BnoiitC a fait l'acquisition de 4 parcelles sur Cryptovoxels pour y créer ce qu'il appelle un « Musée du Cryptoart ». Une partie de ce musée est réservée à PBOY et est tout à fait particulière :

Cryptovoxels - PBOY

La fresque « La Liberté guidant le peuple 2019 » dans le monde de Cryptovoxels.

La capture d'écran ci-dessus représente l'une des plus célèbres fresques de PBOY, « La Liberté guidant le peuple 2019 ». Cette fresque murale est une reprise du célèbre tableau d'Eugène Delacroix réalisé en 1830 inspirée de la révolution des Trois Glorieuses.

Selon PBOY, en raison de l'avènement du mouvement des Gilets jaunes fin 2018, il était temps de reprendre la composition de l'oeuvre originale et d'en faire une version contemporaine.

Peinte en janvier 2019 sur les murs de la rue d'Aubervilliers à Paris, cette dernière a malheureusement été censurée après un mois d'existence par la préfecture de police de la ville.

Pour cette raison, la fresque a été immortalisée dans le monde de Cryptovoxels et a été divisée en 100 parties uniques. Chaque partie représente donc 1/100 de la fresque et est associée à un token non fongible.

Lorsque vous cliquez sur l'une des parties, une fenêtre s'ouvre donnant les détails sur le NFT qui lui est associé :

Cryptovoxels - Détails NFT

Par exemple, cette partie est la 69e division de la fresque. En cliquant sur « View OpenSea », vous aurez accès à toutes les informations du NFT, dont son propriétaire actuel et au prix auquel il a acquis ce NFT.

Sur OpenSea, nous apprenons que le NFT appartient depuis quelques mois à un utilisateur du nom de N00ne. Pour en devenir le propriétaire, il a offert la somme de 0,5 ETH à PBOY.

Si vous souhaitez visiter la fresque virtuelle de PBOY par vous même, rendez-vous à cette adresse.

👉 À lire sur le même sujet : OpenSea, la place de marché des crypto-collectionnables.

 

L'énigme de « La Liberté guidant le peuple 2019 »

Avant d'être censurée et tokenisée, la 4e peinture murale de PBOY contenait une énigme refermant une récompense de 0,28 BTC, soit 1000 dollars au jour de sa création.

Pour résoudre ce véritable « puzzle Bitcoin » et obtenir la récompense associée, il fallait qu'une personne se tenant physiquement devant la fresque trouve la clé privée d'une adresse Bitcoin, cachée dans les détails de la peinture.

Le 13 janvier 2019, 7 jours seulement après que la fresque ait été peinte, son puzzle Bitcoin débordant de créativité a été résolu par @marabrito31 et Antoine Ferron, président de BitLogiK.

PBOY détaille parfaitement le processus de résolution de l'énigme sur son site personnel.

Liberté guidant le peuple

La fresque « La Liberté guidant le peuple 2019 » cachant 1000 dollars

 

Comment soutenir les travaux de PBOY ?

Si vous appréciez l'incroyable travail de Pascal Boyart et que vous souhaitez l'encourager à continuer, n'hésitez pas à lui apporter votre soutien financier via sa page Patreon. Vous pourrez même avoir la chance d'être mentionné sur l'une de ses futures œuvres !

Autrement, il est évidemment possible d'apporter votre soutien à PBOY par l'intermédiaire de donations en cryptomonnaies. Pour cela, il dispose de plusieurs adresses dédiées à cet effet et accepte le Bitcoin (BTC), l’Éther (ETH), le Monero (XMR) et le Litecoin (LTC).

À l'heure de l'écriture de cet article, PBOY a reçu l'équivalent de 1,25 bitcoin soit près de 13 000 dollars. Les adresses et les QR Code dédiés aux donations sont disponibles à cette adresse.

Le meilleur moyen pour vous de soutenir PBOY gratuitement est de le suivre sur Twitter et sur Instagram.

 

L'artiste qu'il faut suivre

Au travers de ses œuvres, Pascal Boyart nous prouve que mêler art et cryptomonnaies est tout à fait possible. Grâce à la tokenisation de ses fresques et à l'ajout du QR Code de son adresse Bitcoin sur chacune d'entre elles, l'artiste a véritablement créé un écosystème complet autour de son travail.

Hormis ses peintures, PBOY travaille ardemment à populariser les solutions qu'il utilise auprès des autres artistes street-art.

Par exemple, en collaboration avec la communauté de Satoshienvenezuela, PBOY a publié en novembre 2019 un tutoriel qui explique étape par étape comment les artistes vénézuéliens de street-art peuvent tirer profit de leur art dans un pays en proie à des difficultés économiques.

Pascal Boyart

Pascal « PBOY » Boyart

En plus de nous proposer des œuvres d'une grande qualité, Pascal Boyart ouvre la voie à ce que l'on peut considérer comme de l'art 2.0. Avec la technologie de la blockchain à ses côtés, même si ses fresques sont censurées ou recouvertes dans le monde réel, elles existeront pour toujours sous la forme de NFTs, ce qui assure la pérennité de ses créations.

En étant le premier peintre muraliste à avoir proposé les dons en Bitcoin grâce à un QR code apposé à ses œuvres et à avoir caché de la cryptomonnaie dans l'une de ses fresques, PBOY est définitivement devenu la référence française en ce qui concerne les artistes engagés pour que les crypto-actifs et la blockchain soient massivement adoptés.

👉 Nous vous invitons grandement à visiter le site personnel de Pascal Boyart pour découvrir l'intégralité de son univers !

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
Tous les articles de Clément Wardzala.

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