L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est-elle dangereuse ?
L’Assemblée nationale vient d’adopter à une large majorité une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs âgés de moins de 15 ans. Une décision qui pose de nombreux problèmes, comme par exemple l’utilisation imposée du service France identité, mais ce n’est pas tout…
Interdiction des réseaux sociaux : le projet de loi qui cache la faille numérique
Dans le cadre de ce que certains députés présentent déjà comme une précipitation et une absence criante de débats nécessaires, l'Assemblée nationale vient d'adopter en ce début de semaine le projet de loi sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs âgés de moins de 15 ans, déposé par la députée (Renaissance) de la Marne, Laure Miller, mais également l'interdiction d'utiliser son téléphone portable dans les établissements scolaires.
Un vote largement soutenu - 130 voix pour et 21 contre - par le camp gouvernemental, mais également une part importante des socialistes et de l’alliance d’extrême droite. Seuls les Insoumis et quelques députés socialistes ont marqué leur opposition à ce que Louis Boyard (LFI) présente comme le fait de « donner la possibilité au Gouvernement et à l’Union européenne de demander une vérification d’identité pour chaque création de compte pour tous les réseaux sociaux. Quel que soit l’âge ».
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Outre le fait que ce texte met une nouvelle fois en avant une volonté d'interdiction au lieu de proposer un système d'éducation, le véritable point de discorde concerne plus précisément l'utilisation désormais systématique du service France identité, censé garantir la protection des données privées par effet de double anonymat.
Une étape intermédiaire entre l'utilisateur et la plateforme de réseau social destinée à collecter les preuves d'identité - dans le cas présent l'âge - afin de garantir leur respect, sans toutefois les divulguer aux sociétés privées. Une initiative intéressante en théorie, qui pose visiblement de nombreux problèmes techniques dans la pratique, selon le « hacker engagé » SaxX.
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Le gouvernement en utilisant France Identité sait qui est qui et à quel réseau social la personne accède ! Au lieu de recourir à un vrai tiers indépendant, l'État pourrait/va potentiellement centraliser des millions de pièces d'identité dans une seule application.
Un « risque de traçage d'État généralisé », mais pas uniquement...
Un constat unanime du côté des spécialistes en cybersécurité, comme le consultant en analyse criminelle Christophe Boutry, qui met en lumière un « risque de traçage d'État généralisé » en capacité de relier les utilisateurs connectés à France identité à tous les réseaux sociaux consultés, alors même que le principe de double anonymat est censé permettre de l'éviter.
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France Identité, censée être la déclinaison française de l'eudiwallet, est loin de garantir le pseudonymat promis par le projet européen. En l'état, les premières versions testées maintiennent un lien technique entre l'utilisateur et la plateforme visitée. Derrière les promesses de vie privée, le risque d'un traçage d'État généralisé reste entier.
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Et que dire des risques liés aux vols de données, en particulier avec des systèmes de stockage hautement centralisés et souvent très mal protégés lorsqu'il s'agit de sites officiels.
Une véritable aubaine pour les hackers en quête d'informations sensibles à utiliser ou à revendre sur le darkweb.
Diversifiez facilement votre portefeuille avec BitpandaLes adolescents vont avoir accès à quoi, au final ?
Des interrogations nécessaires qui semblent faire oublier le point central de toute cette affaire : un contrôle étatique - et non plus parental - imposé aux mineurs.
Une interdiction déjà testée en Australie avec une limite fixée à 16 ans, dont le résultat est apparu aussi immédiat que sans appel, selon le journaliste Damien Van Achter. En effet, « les adolescents ont massivement migré vers des apps non couvertes par la loi. VPN, faux âges, comptes créés avant l'interdiction : les contournements sont documentés, massifs, prévisibles ».
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Une situation pointée par le maître de conférences à l'Université de Nantes, Olivier Ertzscheid, avec une seule véritable question à se poser : les adolescents censés être protégés vont avoir accès à quoi, au final ?
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Le plus pervers est ailleurs. Comme le pointe Olivier Ertzscheid : si plus aucun mineur ne peut légalement être présent sur ces plateformes, alors le peu de modération qu'elles s'imposaient devient caduque. Pourquoi Meta ou TikTok continueraient-ils à filtrer les contenus violents accessibles aux ados, puisque, légalement, il n'y a plus d'ados ?
Sources : Louis Boyard, SaxX, Damien Van Achter
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