Le principal régulateur financier américain a annoncé poursuivre en justice la société Kik Interactive. Le service de messagerie avait lancé une ICO en 2017 pour proposer sa propre crypto-monnaie, le Kin (KIN). La SEC estime qu’il aurait trompé ses investisseurs.

 

Une ICO destinée à redresser le navire

Selon les informations divulguées par le communiqué de la SEC, l’ICO de Kin n’avait pas uniquement pour but de se lancer dans le monde des cryptos. L’application de messagerie n’aurait plus été profitable depuis longtemps. Elle s’apprêtait à licencier des employés et voyait un redressement venir. Son ICO de 2017 a donc été pensée comme un dernier recours. Comme le précise la SEC, « Kik perdait de l’argent depuis des années […] et la direction avait prévu que leurs derniers fonds seraient écoulés en 2017. Au début de cette année, l’entreprise a donc essayé de se tourner vers un nouveau type de commerce, qu’elle a financé grâce à la vente d’un milliard de tokens digitaux. »

L’ICO était parvenue à lever 100 millions de dollars et à écouler ses jetons de Kin. Jusque là rien que de très normal. Seul problème pour la SEC, la vente n’était pas officiellement enregistrée : « En vendant 100 millions de dollars de titres sans enregistrer les offres ou ventes, nous pensons que Kik a privé ses investisseurs de certaines informations auxquelles ils avaient légalement droit, les empêchant ainsi de prendre des décisions d’investissement éclairées. »

 

Kik a-t-il trompé ses investisseurs ?

Au-delà de ce manque d’informations, la plainte de la SEC se concentre également sur un autre aspect. Le directeur Ted Livingstone aurait fait plusieurs déclarations avant l’ICO, expliquant aux investisseurs que l’achat de tokens serait rentable pour eux. Il aurait notamment déclaré en juin : « [Les investisseurs] vont gagner beaucoup d’argent. » Pour la SEC, ces derniers auraient été volontairement trompés : « Kik a déclaré à ses investisseurs qu’ils pourraient engranger des profits lorsque l’entreprise créerait son écosystème digital ». Or cet écosystème n’a jamais été construit, et les jetons de Kin s’échangeaient encore récemment à la moitié de leur prix initial.

 

Kik Interactive semble en tout cas vouloir s’appuyer à nouveau sur sa communauté pour financer ses déboires avec la SEC. L’entreprise a lancé une campagne de financement participatif pour se défendre légalement, sobrement appelée « Defend Crypto ». Cette stratégie téméraire semble pour l’instant payer : plus de 4 362 000 dollars ont été levés à l’heure actuelle. Mais elle ne se répercute pas sur le prix du Kin, qui affiche actuellement -30 % sur les dernières 24h.

 

A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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