La plateforme la plus populaire pour le partage de vidéos, YouTube, a commencé à supprimer de façon agressive le contenu lié aux cryptomonnaies de certaines des plus importantes chaînes sur le sujet. Cette véritable purge à grande échelle a commencé à la mi-décembre.

 

Une véritable hécatombe

C'est Chris Dunn, dont la chaîne compte 211 000 abonnés, qui a en premier lieu signalé sur Twitter que YouTube avait retiré toutes ses vidéos qui mentionnaient les cryptomonnaies :

Traduction : YouTube vient tout juste de supprimer la plupart de mes vidéos cryptos citant un « contenu nuisible ou dangereux » et « vente de marchandises réglementées »... cela fait 10 ans que je fais des vidéos, plus de 200 000 abonnées et plus de 7 millions de vues. Qu'est-ce que vous faites TeamYouTube ?!

Chris Dunn a donc perdu la totalité de son travail qui était lié de près ou de loin aux cryptomonnaies. Les vidéos ne sont pas récupérables et il est très peu probable que YouTube communique sur les raisons de cette décision.

Cette action est plutôt surprenante, car aucun avertissement n'a été envoyé au préalable aux propriétaires des chaînes concernées. De plus, les règles de la plateforme ne stipulent aucunement l'interdiction des contenus sur le sujet des cryptomonnaies. Ces dernières mesures pourraient donc laisser entendre que Google, qui détient YouTube, ne reconnaît pas les cryptomonnaies comme de la véritable monnaie et qu'il considère cela comme des « casinos de jeu en ligne », la clause figurant dans les interdictions qui semblent être proches de ce que Google considère.

La décision de YouTube a provoqué une véritable hécatombe et la liste des chaînes touchées est plutôt longue. YouTube a également supprimé une grande quantité de vidéos qui contenaient dans leurs descriptions des liens d'affiliation reliés à des plateformes ou services en rapport aux cryptomonnaies, et cela même si le sujet de la vidéo n'était pas directement lié aux cryptomonnaies.

Dans l'attente d’éclaircissements de la part de YouTube, la majorité des créateurs de contenus ont pris les devants en modifiant la visibilité de leurs vidéos afin de les protéger contre toute suppression potentielle. C'est notamment le cas d'Ivan on Tech, une chaîne qui culmine elle aussi à 211 000 abonnés et qui est exclusivement destinée à la blockchain et aux cryptomonnaies :

Traduction : Nous avons configuré toutes nos vidéos sur "privé" par précaution jusqu'à ce que nous sachions ce qui se passe avec les cryptos et YouTube. Ce fut le Noël le plus insensé pour moi, mais le soutien et l'unité de la communauté crypto ont été incroyables.

 

YouTube

Alors que la chaîne réunissait 211 000 abonnés, ses vidéos ne sont plus accessibles au public

 

Malheureusement, la sphère française n'a pas été épargnée. YouTube s'est également attaqué à de nombreux créateurs de contenus français en supprimant certaines de leurs vidéos. C'est notamment le cas de la chaîne Culture Crypto, (3900 abonnés) administrée par Whale Tamer, qui a pris ses précautions en passant en privée l'intégralité de ses vidéos en privé.

Il avait également averti la communauté Twitter que YouTube avait déjà commencé à sévir sur sa chaîne à la mi-décembre :

À la suite de ces événements et pour se protéger dans l'attente de plus amples explications la part de YouTube, l'administrateur de la chaîne Enter The Crypto Matrix (7100 abonnés) a été obligé de modifier toutes les descriptions de ses vidéos en y supprimant les différents liens d'affiliations.

 

Quelles sont les alternatives ?

Les actions ciblées de ce type sont tristement devenues monnaie courante sur YouTube. Depuis l'apparition de la blockchain, de nombreuses alternatives ont vu le jour afin d'éliminer la censure que les géants du Web se permettent.

Par exemple, LBRY est une plateforme de partage qui utilise la technologie de la blockchain pour permettre aux utilisateurs de publier du contenu et d'être rémunérés. Certains créateurs de contenus proposent déjà en parallèle de leurs chaînes YouTube de telles alternatives à leurs spectateurs. C'est notamment le cas d'Omar Bham qui a ajouté toutes ses vidéos sur LBRY.

L'une des autres plateformes utilisées pour sortir de l'emprise de YouTube est DTube. Celle-ci permet de donner le contrôle total des œuvres à leurs créateurs sans l'utilisation d'un intermédiaire qui centralise les données, qui peut censurer des contenus et qui peut s’approprier leurs revenus. Particularité qui va à l'encontre des actions de YouTube, aucune vidéo ne peut être bloquée pour des raisons de droits d’auteurs ou autre par DTube. Seuls les utilisateurs peuvent censurer un contenu en attribuant des votes négatifs à ce dernier.

En ce qui concerne les diffusions de direct, 3Speak et DLive sont probablement les plus utilisées. 3Speak offre un environnement sans censure pour les créateurs de contenu qui ont été démonétisés pour leurs opinions politiques, ou parce que le contenu qu'ils créent n'est pas conforme aux règles en vigueur sur les autres plateformes.

Quant à DLive, la plateforme propose également une meilleure liberté aux créateurs surtout avec un partage des revenus plus juste. En effet, DLive ne récupéra que 10% des revenus générés par un diffuseur de contenu, un taux bien plus faible par rapport à celui de YouTube, qui prend une part de 45% de tous les revenus qu'une chaîne génère.

 

Cependant, bien que des alternatives existent déjà et offrent un système de monétisation plus juste ainsi que de plus grandes libertés, YouTube reste le canal idéal pour augmenter sa visibilité grâce notamment au 1,9 milliard d'utilisateurs que compte la plateforme. Le monopole de YouTube concernant le partage de vidéos n'est pas près de s'arrêter. À moins que l'entièreté de la communauté ne se mobilise, le géant contrôlé par Google continuera à être la plateforme privilégiée par les internautes malgré l'importante censure qui y sévit.

 

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
Tous les articles de Clément Wardzala.

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