Le directeur du service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (FSB) a alerté sur l’utilisation croissante des cryptos par des groupes liés au terrorisme. Selon un article du site d’information RBK publié le 21 mai 2019 et rapporté par CoinTelegraph, ces derniers auraient choisi des crypto-monnaies et des outils de communication pour échapper à la détection. Il reste difficile de quantifier la criminalité liée aux altcoins, à cause de leur nature anonyme.

 

Pour la Russie, cryptos et terrorisme sont liés

Selon le directeur du FSB Alexander Bortnikov, l’usage des cryptodevises par les terroristes sert avant tout à les cacher. « Les systèmes de paiement électroniques et les cryptodevises sont de plus en plus utilisés par les terroristes, afin de déplacer l’argent qu’ils reçoivent de certains états et organisations qui soutiennent le réseau terroriste global. » Le financement du terrorisme se ferait également par le trafic d’esclaves et la vente illégale de pétrole selon Bortnikov. On ne sait pas à quelle hauteur ces financements existent.

Cette nouvelle vient contredire une enquête récente du think tank RAND Corporation. Ce dernier avait publié un rapport en mars 2019, qui expliquait que le risque de financement terroriste par les cryptodevises était peu élevé. Le rapport estimait que les altcoins ne sont ni suffisamment anonymes, ni suffisamment sécurisés pour représenter un intérêt pour les groupes terroristes. L’arrivée d’un nombre croissant d’altcoins anonymes sur le marché a peut-être changé cet équilibre.

 

L’utilisation illégale des cryptos : une histoire qui dure

L’utilisation illégale des crypto-monnaies est un facteur de méfiance important, qui freine leur adoption. Certaines plateformes du Dark Net utilisent le Bitcoin (BTC) et d’autres monnaies anonymes ou pseudo-anonymes comme le Monero (XMR) pour conduire leurs affaires. Ce problème n’est pas nouveau : il colle à la peau des cryptodevises, malgré leur effort pour s’en débarrasser.

Cela dit, à mesure que les altcoins parviennent à se légitimer, le pourcentage de personnes les utilisant dans un but frauduleux baisse également. C’était en tout cas l’avis d’un agent du DEA, le service de contrôle des drogues américain, qui témoignait en août 2018. Il estimait alors que l’utilisation du BTC pour des activités illégales était passée de 90 % à 10 %.

 

La difficulté pour les altcoins est donc de parvenir à développer des technologies aux vertus philosophiques – notamment l’anonymat et la décentralisation des transactions – tout en se démarquant des usages illégaux qui peuvent être faits. Leur légitimation par les institutions devrait favoriser ce processus.

 

A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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