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BTC-e a été inculpé par le tribunal du district de Californie du Nord, comme l’indique un communiqué paru en fin de semaine dernière et rapporté par CoinDesk. L’exchange aurait permis le blanchiment de fonds provenant directement d’activités illicites conduites sur le Dark Net.

 

BTC-e inculpé avec son dirigeant

L’entreprise BTC-e, ainsi que son dirigeant Alexander Vinnik, ont été inculpés de nombreux crimes par les procureurs. Ils sont accusés de conspiration, blanchiment d’argent, transactions financières illicites, ainsi que d’avoir poursuivi leurs activités sans obtenir la licence nécessaire. Vinnik, qui avait été arrêté en 2017 suite à l’enquête, pourrait devoir payer aux côtés de son exchange plus de 100 millions de dollars d’amendes. À titre personnel, il pourrait également être condamné à 55 ans de prison.

 

Un havre pour les activités illicites du Dark Net

Si le châtiment encouru est si sévère, c’est que les activités rapportées par l’accusation sont particulièrement graves. Il apparait que BTC-e a été un vrai havre pour les criminels du Dark Net, qui se sont tournés vers ses services pour blanchir les cryptodevises obtenues par leurs activités. L’exchange aurait notamment permis de faire transiter les fonds volés suite à l’attaque de Mt. Gox. Et il n’aurait jamais essayé de se conformer aux régulations en vigueur, selon le communiqué : « BTC-e n’a fait aucun effort pour s’enregistrer auprès de la FinCEN, pour maintenir des éléments du programme de lutte contre le blanchiment ou signaler des activités suspectes. »

Basé aux Seychelles et à Chypre, l’exchange ne cachait pas ses intentions lorsqu’il opérait. Il se décrivait alors comme une place de bourse entièrement anonyme, où n’importe qui pouvait déposer, retirer et échanger des crypto-monnaies. BTC-e a proposé ses services sur une durée de 6 ans, pendant laquelle il est estimé que 700 000 utilisateurs ont échangé plus de 296 millions de dollars en Bitcoin (BTC).

Le forum de BTC-e était particulièrement actif. Il rassemblait de nombreux utilisateurs dans des groupes dédiés aux noms évocateurs. On y trouvait par exemple la chatroom « ISIS » (Daesh en anglais), « CocaineCowboys », « blackhathackers », etc. Comme le rapporte l’accusation, l’exchange n’a jamais agi devant ces rassemblements : « Malgré ces noms d’utilisateurs suspects, BTC-e n’a rien fait pour identifier ces clients ou pour enquêter sur la manière dont [ils] pourraient avoir utilisé ses services pour conduire, dissimuler ou faciliter des activités illégales. »

 

Le procès de BTC-e se poursuivra dans les mois à venir. De son côté, Alexander Vinnik nie toutes les accusations à son encontre et a fait une demande d’extradition vers son pays natal, la Russie. Pour l’instant, elle n’a pas été acceptée.

 

A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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