Trump compte sur l'inflation pour rembourser la dette US
Donald Trump affirme que « certains niveaux d'inflation » permettraient de rembourser « très rapidement » la dette fédérale américaine, qui atteint 40 000 milliards de dollars. Le mécanisme existe bel et bien et a déjà servi par le passé. Il a pourtant un coût, et dépend d'une condition que les États-Unis peinent aujourd'hui à réunir.
Trump mise sur l'inflation
Donald Trump estime que l'inflation constitue une solution pour alléger la dette fédérale américaine. Celle-ci atteint 40 000 milliards de dollars selon le Council on Foreign Relations (CFR), un think tank américain.
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Interrogé par le magazine Time sur ses pistes pour la réduire, le président américain a déclaré que « certains niveaux d'inflation permettront aussi de rembourser cette dette très rapidement ». Il a également évoqué la croissance et d'« autres moyens » qu'il a refusé de détailler.
Selon le CFR, la dette grossit de 7 milliards de dollars par jour, avec un déficit annuel de 6 % du PIB. Ses intérêts coûtent déjà chaque année 16 % de plus que le budget de la défense. Et le chèque de 5 000 dollars promis par Trump à chaque adulte américain qui votera pour les Républicains lors des élections de mi-mandat en novembre ajouterait 1 300 milliards de dollars au déficit.
Comment l'inflation allège une dette
Une dette de 100 dollars reste une dette de 100 dollars. Mais avec l'inflation, la valeur réelle de cette somme diminue : quelques années plus tard, ces 100 dollars permettent d'acheter moins de biens et de services. Pour l'État, cela signifie qu'il rembourse sa dette avec une monnaie qui vaut moins qu'au moment où il l'a empruntée.
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L'inflation fait aussi augmenter le PIB en valeur, puisque les biens et services sont vendus plus cher. Résultat, même si la dette ne baisse pas, elle pèse mécaniquement moins lourd par rapport à la taille de l'économie. Selon le FMI, dans un pays dont la dette dépasse 50 % du PIB, un point d'inflation inattendu peut ainsi réduire le ratio dette/PIB d'environ 0,6 point.

Ce mécanisme avantage l'État débiteur, mais pénalise les épargnants et les investisseurs qui détiennent des obligations à taux fixe, car les sommes qu'ils récupèrent ont perdu du pouvoir d'achat. C'est l'une des méthodes qui ont contribué à réduire les lourdes dettes publiques après 1945 : plusieurs économies développées ont combiné croissance, inflation et taux d'intérêt réels négatifs (c'est-à-dire des taux inférieurs à l'inflation) pendant une grande partie de la période allant jusqu'aux années 1980.


Un pari qui se heurte aux taux d'intérêt
Cette stratégie présente toutefois des limites, puisqu'elle ne fonctionne vraiment que si le coût de la dette reste inférieur à l'inflation. Avec 5 % d'inflation et un refinancement à 7 %, par exemple, l'avantage disparaît largement. Or, Washington refinance en permanence une partie importante de sa dette, et le Bureau du budget du Congrès (CBO) prévoit une hausse du taux moyen payé de 3,4 % en 2026 à 3,9 % d'ici la fin de la prochaine décennie.
Le CBO estime d'ailleurs que 0,1 point d'inflation supplémentaire par an, accompagné d'une hausse des taux, pourrait ajouter environ 339 milliards de dollars de charges d'intérêts entre 2027 et 2036.
La Réserve fédérale vise toujours 2 % d'inflation et a relevé ses taux en septembre. Son président Kevin Warsh a exclu de tolérer durablement une inflation supérieure à cette cible. Si les investisseurs pensent que Washington cherche délibérément à éroder sa dette par l'inflation, ils peuvent exiger des rendements plus élevés.
Sources : Fortune, Watcher Guru (X), Council on Foreign Relations
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