Quantique : le coût d'une attaque sur Bitcoin et Ethereum réduit de moitié en 2 mois
Un collectif de chercheurs vient de diviser par plus de deux le coût quantique estimé pour casser la cryptographie de Bitcoin (BTC) et d'Ethereum (ETH). Une avancée qui rapproche le fameux Q-Day et pousse les deux réseaux à accélérer leurs préparatifs post-quantiques déjà en cours.
Acheter Bitcoin (BTC)
Publicité OKX
Le coût estimé d'une attaque quantique divisé par deux en seulement 2 mois
Un groupe de plus de 100 chercheurs, issus notamment de l'Ethereum Foundation, d'Eigen Labs, de StarkWare, de la Starknet Foundation, de Theta Labs, de Sei Labs et de Trail of Bits, vient de publier un papier technique qui rebat les cartes de la menace quantique pesant sur Bitcoin et Ethereum.
Leur circuit optimisé, publié dans le cadre du challenge ouvert ECDSA.Fail, ne nécessite plus que 1 151 qubits logiques et environ 1,30 million de portes Toffoli pour réaliser une opération clé de l'algorithme de Shor sur la courbe secp256k1. Or c'est cette dernière qui est utilisée pour signer les transactions sur les réseaux de Bitcoin et Ethereum. En deux mois, le score de référence Q×T est passé de 10,75 milliards à près de 1,5 milliard, soit une réduction de 86 %.
Ce résultat se situe à plus de 50 % en dessous du benchmark publié par Google Quantum AI en mars 2026, même si les auteurs précisent que les conventions de calcul diffèrent et qu'il ne s'agit pas d'une comparaison formelle.
The first full paper on https://t.co/SoV244FtkH is on arXiv
In March, Google Quantum AI reported a more efficient quantum circuit for a core step in breaking the signatures behind Bitcoin and Ethereum. It published a proof that the circuit existed and a program to verify any… pic.twitter.com/GaUfLRhTix
— Eigen Labs (@eigenlabs) September 10, 2026
Les IA accélèrent les avancées sur l'informatique quantique
Fait notable, cette accélération spectaculaire du benchmark ne repose pas uniquement sur des experts en cryptographie quantique. La recherche introduit un nouveau paradigme baptisé Open Autoresearch, dans lequel humains et agents LLM (les intelligences artificielles à grand modèle de langage) collaborent en publiant leurs améliorations sur un classement public vérifié par un évaluateur automatique.
Les chercheurs ont utilisé des agents de code généralistes comme Claude Code et Codex, sans entraînement spécialisé, pour générer des hypothèses, modifier le code, etc. Résultat : plus de 100 contributeurs, humains et intelligences artificielles confondus, ont mené à cette réduction du score Q×T de 86 % mentionnée ci-dessus. Les agents IA complétant le jugement humain sur un objectif vérifiable par machine.


Un rappel : aucun ordinateur quantique n'est encore capable de casser Bitcoin
Les chercheurs insistent sur un point : il ne s'agit pas encore d'une attaque. Les circuits présentés n'intègrent pas la correction d'erreurs physique et ne constituent pas une implémentation complète de l'algorithme de Shor. Aucun ordinateur quantique existant ne peut aujourd'hui casser la cryptographie de Bitcoin ou d'Ethereum.
Pour mesurer l'écart avec la réalité matérielle, il faut distinguer « qubits logiques » (ceux requis par le circuit) et « qubits physiques » (ceux gravés sur les puces actuelles). Un seul qubit logique tolérant aux erreurs nécessite en pratique des milliers de qubits physiques via la correction d'erreurs. Or les processeurs les plus avancés fin 2026 restent très en deçà : le processeur Condor d'IBM plafonne à 1 121 qubits physiques supraconducteurs depuis décembre 2023, tandis que la puce Willow de Google, dévoilée en décembre 2024, embarque 105 qubits physiques.
Autrement dit, exécuter le circuit décrit dans la recherche exigerait plusieurs ordres de grandeur au-dessus des capacités actuelles, ce que les auteurs eux-mêmes rappellent en soulignant qu'aucune machine existante ne peut casser secp256k1 aujourd'hui.


Il faut développer la résistance au quantique avant que le Q-Day ne se produise
Comme le résume Jieyi Long, CTO de Theta Labs et auteur principal de la recherche : « Cela n'est pas urgent parce qu'une attaque est imminente. C'est urgent parce que le remède prend des années [à développer] et ne peut pas être appliqué rétroactivement ».
Eli Ben-Sasson, co-fondateur et CEO de StarkWare, confie de son côté avoir eu « des papillons » en découvrant les résultats, estimant que « chaque calendrier annoncé pour le Q-Day doit être revu » (le Q-Day étant le jour où un ordinateur quantique sera assez puissant pour casser la cryptographie actuelle).
Pour Bitcoin notamment, l'enjeu est de taille, car selon le Conseil consultatif sur le quantique de Coinbase, environ 7 millions de BTC sont plus vulnérables au quantique. En effet, ces derniers dorment dans des adresses dont la clé publique est déjà visible on-chain, notamment via les vieilles adresses P2PK et la réutilisation d'adresses.


Bitcoin et Ethereum accélèrent leurs préparatifs post-quantiques
Les deux plus grands réseaux blockchains ne sont toutefois pas restés inactifs. Côté Ethereum, les développeurs visent une sécurité post-quantique complète sur les couches d'exécution, de consensus et de données d'ici décembre 2029, dans le cadre de la mise à jour Hegotá. Une EIP dédiée à la protection du staking d'ETH a également été proposée cet été pour sécuriser les 34 millions d'ETH mis en staking, en cas d'attaque soudaine.
Côté Bitcoin, plusieurs pistes coexistent, dont une nouvelle proposition d'amélioration (BIP) post-quantique et la première transaction Bitcoin résistante au quantique exécutée par StarkWare en août, sans même nécessiter de soft fork (mise à jour mineure du code).
Et les régulateurs sont eux aussi entrés dans la danse de la résistance au quantique. Notamment, l'ANSSI française (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) et le G7 ont appelé les acteurs à agir dès maintenant. Pour les investisseurs cryptos, l'échéance reste encore lointaine pour l'instant, mais la survenue du Q-Day se rapproche un peu plus à chaque optimisation publiée.
👉 Sur le même sujet – Les développeurs d'Ethereum préparent la mise à jour Hegotá et annoncent une sécurité post-quantique pour fin 2029


Sources : arXiv, Eigen Labs
La Newsletter crypto n°1 🍞
Recevez un récapitulatif de l'actualité crypto chaque jour par mail 👌
Certains contenus ou liens dans cet article peuvent être de la publicité ou de l'affiliation. L'investissement dans les actifs numériques présente un risque de perte en capital totale ou partielle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. N'investissez que ce que vous êtes prêts à perdre.
Commentaires (1)
Il faut passer sur des cryptos quantum safe comme QRL


