Kraken dévoile son plan pour amener les « perps » on-chain de Hyperliquid aux traders américains
Payward, la maison mère de l'exchange Kraken, va déployer des contrats à terme perpétuels (« perps ») on-chain pour ses clients américains, via le protocole Hyperliquid (HYPE). Une première dans un marché estimé à plus de 85 000 milliards de dollars de volume mondial en 2025, et jusqu'ici quasi inaccessible aux traders US.
Kraken officialise son déploiement sur Hyperliquid
Dans un communiqué de presse publié ce 16 septembre 2026, Payward annonce son intention de lancer des marchés de contrats à terme perpétuels sur blockchain (« Onchain Perpetual Futures ») à destination des clients américains.
Le premier protocole choisi par la société mère de Kraken pour cette expansion n'est autre que Hyperliquid, via ses marchés HIP-3, la première génération de contrats perpétuels permissionnés déployés par des tiers.
L'architecture annoncée ici est pensée pour cocher toutes les cases réglementaires. Bitnomial, la plateforme d'échange et de compensation de Payward, régulée par la CFTC, sera l'entité déployeuse des marchés HIP-3. NinjaTrader Clearing, son courtier en futures enregistré, tiendra les comptes clients. Quant aux ordres, ils seront exécutés et enregistrés directement sur la blockchain publique de Hyperliquid.
Seuls les comptes validés par NinjaTrader et inscrits sur les listes autorisées de Bitnomial pourront trader. Une manière de concilier infrastructure décentralisée et obligations de conformité américaines.
Long ou short des centaines d'actifs (cryptos, actions, or, pétrole...) avec HyperliquidPayward 🤝 @HyperliquidX
We're building permissioned Hyperliquid HIP-3* markets for US clients. pic.twitter.com/D9WwRgVaK0
— Payward (@Payward) September 16, 2026
Les dirigeants de Payward détaillent la mécanique de ces nouveaux perps
Arjun Sethi, co-CEO de Payward, insiste sur le positionnement réglementaire du groupe. Il rappelle que plusieurs acteurs exploitent déjà des contrats perpétuels déployés sur Hyperliquid, dont une concentre 98 % de l'open interest (l'intérêt ouvert), mais qu'aucune plateforme d'échange ou chambre de compensation américaine enregistrée n'y a déployé de marché. Payward entend donc être ici un pionnier pour les États-Unis, en assumant les obligations réglementaires associées.
Calvin Leyon, responsable onchain chez Kraken, replace l'initiative dans une perspective plus large. Selon lui, cette étape illustre la capacité d'une infrastructure décentralisée à s'adapter aux marchés régulés, en distribuant des produits conformes à l'échelle mondiale. Et il ajoute que le cadre construit par Payward sur Hyperliquid pourrait être répliqué à travers d'autres produits et marchés.


Contrats perpétuels : un marché géant hors de portée des Américains
Rappelons d'abord brièvement qu'un contrat à terme perpétuel (ou perpetual future) est un produit dérivé qui permet de parier sur le prix futur d'un actif, sans date d'expiration. Contrairement aux futures classiques, il n'y a pas d'échéance à laquelle le contrat doit être clôturé. Un mécanisme de financement (funding rate) maintient le prix du contrat aligné sur le prix au comptant (spot) de l'actif sous-jacent.
Ces produits existent depuis 2016 hors des États-Unis et dominent aujourd'hui l'activité crypto mondiale. En 2025, plus de 85 000 milliards de dollars ont changé de mains sur les perpétuels selon le rapport « State of Crypto Perpetuals » de CoinGecko. Un océan de liquidité auquel les résidents américains n'ont, pour l'essentiel, pas accès depuis leurs plateformes régulées.
Hyperliquid, lancé en 2023, s'est imposé comme la référence on-chain du secteur. Le protocole a traité près de 237 milliards de dollars de volume de perps sur les 30 derniers jours, selon les données de DefiLlama. CoinGecko l'a d'ailleurs classé plateforme de contrats perpétuels on-chain la plus active de 2025.
Un contexte réglementaire encore incertain pour les contrats perpétuels
Cette annonce intervient dans un climat juridique tendu aux États-Unis, car le CME Group a attaqué la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) en justice après que le régulateur a approuvé les contrats à terme perpétuels Bitcoin sur Kalshi.
Pour contrer cette plainte, le Hyperliquid Policy Center avait récemment annoncé avoir recruté Elizabeth Prelogar, ancienne Solliciteure générale des États-Unis. Ce bras politique du projet HYPE estime que le CME n'a aucune légitimité juridique pour bloquer un produit qu'il pourrait lui-même proposer mais a choisi de ne pas offrir.
L'enjeu dépasse d'ailleurs le simple litige entre le CME et la CFTC : il s'agit de déterminer si les dérivés on-chain peuvent réellement s'intégrer au système financier américain régulé. Une décision favorable ouvrirait une voie claire à Hyperliquid pour amener son modèle de trading on-chain jusqu'aux utilisateurs américains.
🤜 Hyperliquid Is Fighting for On-Chain Perpetuals in the U.S.
.@HyperliquidX is stepping deeper into the U.S. regulatory fight over crypto perpetuals.
The Hyperliquid Policy Center has hired former U.S. Solicitor General Elizabeth Prelogar to challenge CME Group's lawsuit… pic.twitter.com/mPHPARySV6
— Hyperliquid Daily (@HYPERDailyTK) September 11, 2026
Des volumes potentiellement massifs pour HYPE
Il faut dire que l'enjeu est colossal pour Hyperliquid, car si le marché américain représente historiquement une part significative des flux crypto mondiaux, il est en revanche totalement fermé aux contrats perpétuels on-chain (du moins jusqu'ici). L'arrivée d'un acteur comme Kraken, qui revendique 6,6 millions de comptes clients financés répartis dans plus de 190 pays, pourrait injecter des volumes considérables sur le protocole.
Pour mesurer l'opportunité, il faut regarder le point de départ. Coinbase Derivatives, qui a ouvert les premiers perpetual futures régulés par la CFTC aux résidents américains le 21 juillet 2025, a vu son activité sur les dérivés destinés aux particuliers dépasser les 200 millions de dollars de revenus annualisés au T1 2026, avec un volume glissant sur 12 mois en progression de 169 % sur un an selon les données de CoinLaw.
Autrement dit, la demande domestique existe aux États-Unis, et elle croît vite. Mais la part effectivement captée par l'infrastructure US régulée reste une fraction du gâteau international des perps. Et c'est précisément ce que vise Hyperliquid en s'adossant à Bitnomial et à la base de 6,6 millions de clients de Kraken.


LSE, Nasdaq, Hyperliquid : les trois briques d'une même thèse
La séquence d'annonces de septembre 2026 dessine une architecture cohérente, décryptée par le trader Amit.hl sur X. Le 1er septembre, Payward signait avec le London Stock Exchange (LSE) pour tokeniser les plus grandes capitalisations britanniques et explorer le trading 24/7 via LSE 24. Puis, le 10 septembre, le Nasdaq investissait 100 millions de dollars dans la maison mère de Kraken pour bâtir une infrastructure reliant les actions régulées aux marchés on-chain. Et enfin, ce 16 septembre, c'est le partenariat avec Hyperliquid qui vient compléter le triptyque.
La répartition des rôles semble ainsi s'éclaircir entre tous ces différents acteurs. Le LSE et le Nasdaq apportent les actifs régulés, actions cotées et instruments traditionnels. Payward fournit la couche de régulation et de distribution, avec sa licence CFTC via Bitnomial et ses 6,6 millions de comptes financés. Et Hyperliquid, de son côté, joue le rôle de couche d'exécution on-chain, avec son carnet d'ordres décentralisé capable d'encaisser les volumes institutionnels. Chaque brique est spécialisée, ce qui permet à l'ensemble de se développer sans compromettre la conformité ni la performance.
👉 Sur le même sujet – ETF Hyperliquid : 30 institutions dont UBS et Jane Street détiennent 75 millions de dollars des fonds HYPE


Sources : communiqué de Payward, rapport « State of Crypto Perpetuals » de CoinGecko, DefiLlama, CoinLaw, @AmitabhKum66262 sur X
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