Immobilier en France : vers une crise majeure ?
La crise immobilière française prend un nouveau tournant. Au deuxième trimestre, les ventes de logements neufs se sont effondrées de plus de 23 % sur un an, tandis que la Banque centrale européenne vient de relever ses taux. Un cocktail qui inquiète tout un secteur.
Des ventes de logements neufs en chute libre
Le secteur de l'immobilier traverse une zone de turbulences majeure. Au deuxième trimestre, les réservations de logements neufs ont plongé de 23,2 % sur un an, à environ 19 350 unités, selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
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Pour mesurer l'ampleur du décrochage, il suffit de comparer avec le passé récent. Au deuxième trimestre 2021, la FPI recensait 42 310 réservations. Autrement dit, le marché a été divisé par plus de deux en cinq ans.
Nous n'avons jamais été à un niveau aussi faible. Même l'année du Covid, en 2020, paraît un eldorado.
Le président de la fédération, Pascal Boulanger, enfonce le clou : « Je pensais que nous avions touché le fond, eh bien non, toujours pas ! ».


Le dispositif Jeanbrun peine à convaincre
Présenté comme le successeur du Pinel, le dispositif Jeanbrun (ou Relance logement) devait relancer l'investissement locatif privé. Six mois après son lancement, le bilan est sévère. Selon la FPI, il ne représente que 150 à 200 réservations par mois, soit moins de 5 % de l'objectif fixé à 4 000 réservations mensuelles.
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Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a lui-même reconnu, devant les notaires du Grand Paris le 8 septembre, la nécessité de renforcer le dispositif. Il a aussi confirmé que l'objectif gouvernemental de deux millions de logements neufs ou réhabilités d'ici 2030 ne serait probablement pas atteint.


La BCE remonte ses taux, le crédit se durcit
Le contexte macroéconomique n'aide pas. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs de 0,25 point, portant le taux de dépôt à 2,50 %.
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Les taux de crédit immobilier, aujourd'hui autour de 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans, pourraient approcher les 4 % d'ici la fin de l'année. Certaines banques proposent déjà des taux à 4,20 % pour les profils modestes gagnant moins de 2 000 euros par mois.

La capacité d'emprunt recule ainsi mécaniquement. Pour une mensualité de 1 000 euros, elle passerait de 172 400 à 167 900 euros avec des taux à 3,80 %.
Une crise plus structurelle qu'un simple trou d'air
Dans l'ancien, les prix reculent à nouveau. Ils ont baissé de 1 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 0,8 % sur un an, selon les notaires et l'Insee. Les maisons sont plus touchées (-1,3 % sur un an) que les appartements (-0,1 %).
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Côté construction, seulement 370 673 logements ont été autorisés entre août 2025 et juillet 2026, soit 9,5 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Un déficit qui pèsera durablement sur l'offre.
Le vrai risque pour 2027 n'est donc peut-être pas un krach spectaculaire, mais une crise durable du logement, faite de faible construction, d'accession difficile et d'un marché locatif tendu dans les grandes métropoles.


Sources : Capital, Les Échos, BFMTV, Synthèse données FPI, Banque de France, Insee
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Commentaires (1)
Ça va être compliqué de voir une crise sur l'immobilier. Les gens ne lâcheront pas leur logement facilement si les prix baissent. Ça fait un moment que les taux sont hauts et le marché ne fait toujours pas de crise.


