IA : la Chine rejette l'appel US à ralentir et dénonce une « guerre froide »
La Chine rejette les appels américains à ralentir le développement de l'IA, qu'elle juge alarmistes et géopolitiques. Mais en parallèle, les services de renseignement et les régulateurs chinois renforcent leurs dispositifs face au risque d'une IA échappant au contrôle humain.
La Chine répond aux leaders IA américains
La Chine rejette l'appel lancé par plusieurs dirigeants américains de l'intelligence artificielle pour ralentir le développement des modèles les plus avancés. Pékin y voit surtout une tentative de préserver la domination technologique américaine. Mais derrière ce discours offensif, les autorités chinoises renforcent elles-mêmes leurs dispositifs face au risque d'une IA devenue incontrôlable.
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Le débat a été relancé durant le week-end par Dario Amodei, CEO d'Anthropic, qui a appelé à ralentir la progression des modèles frontier afin de laisser davantage de temps aux dispositifs de sécurité. Sam Altman et Elon Musk ont ensuite soutenu le principe. Amodei a également plaidé pour maintenir des restrictions strictes sur l'accès de la Chine aux puces avancées et aux technologies permettant de reproduire les modèles occidentaux.
La Chine dénonce un « manuel de guerre froide »
La réaction de la Chine ne s'est pas fait attendre. Dans un éditorial publié ce lundi, le Global Times, média soutenu par Pékin, accuse le patron d'Anthropic de reprendre un véritable « manuel de guerre froide » destiné à freiner le développement chinois et à préserver le monopole américain sur les technologies de pointe.
Chinese Foreign Ministry spokesperson Guo Jiakun said on Monday that the development of artificial intelligence concerns the common well-being of all humanity. He called on all parties to jointly promote the open, inclusive and universally beneficial development of AI for good,… pic.twitter.com/Qx4xX6oLRp
— Global Times (@globaltimesnews) September 14, 2026
Le ministère chinois des Affaires étrangères s'est montré plus mesuré. Son porte-parole Guo Jiakun a appelé à une gouvernance internationale fondée sur la coopération plutôt que sur la confrontation et les calculs géopolitiques. Pékin défend notamment une IA plus ouverte et accessible, avec un rôle important accordé aux modèles open source.
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La controverse a déjà eu des conséquences sur les marchés. Les valeurs liées à l'IA ont fortement reculé ce matin : SoftBank a perdu jusqu'à 13,2 % en séance, tandis que les fabricants de semi-conducteurs asiatiques et européens ont également été sanctionnés. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 ont de leur côté reculé de plus de 1 % avant l'ouverture américaine.
Pékin redoute pourtant lui aussi une IA hors de contrôle
Les critiques de Pékin contre le ton alarmiste des Américains interviennent pourtant alors que la Chine elle-même se prépare au pire. Le ministre de la Sécurité d'État, Chen Yixin, a en effet averti ce week-end que l'intelligence artificielle pouvait devenir une menace pour la sécurité politique, sociale et nationale, notamment à travers les deepfakes, les cyberattaques, les fuites de données sensibles ou les opérations de manipulation de l'information.
Cette inquiétude dépasse toutefois les seuls risques de désinformation ou d'espionnage. Selon Reuters, la Chine travaille aussi explicitement sur des scénarios dans lesquels des systèmes d'IA avancés pourraient échapper au contrôle humain.
Les cadres de sécurité publiés par la Cyberspace Administration of China en 2024 et 2025 mentionnent notamment plusieurs comportements jugés préoccupants : auto-réplication, acquisition autonome de ressources ou encore stratégies de recherche de pouvoir.
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En mai dernier, Pékin a également publié un cadre spécifique pour les agents autonomes. Celui-ci prévoit des mécanismes permanents de détection des risques, des dispositifs permettant à un humain d'interrompre certaines actions, des évaluations externes et même le rappel de produits jugés problématiques dans les secteurs sensibles.
Xi Jinping lui-même a insisté sur ce principe en juillet, lors de la World Artificial Intelligence Conference de Shanghai. Le président chinois a demandé que l'IA reste en permanence sous contrôle humain, tout en défendant parallèlement l'open source et la poursuite rapide du développement technologique.
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