Hedera : 3 millions d'agriculteurs philippins vont monétiser leur carbone
Aux Philippines, une nouvelle plateforme basée sur Hedera veut permettre à plus de 3 millions de producteurs de noix de coco d'accéder au marché des crédits carbone. Une promesse ambitieuse, qui devra encore faire ses preuves sur la qualité des crédits et les revenus réellement versés aux agriculteurs.
Une plateforme carbone pour les producteurs de noix de coco
La blockchain peut-elle vraiment aider des agriculteurs à gagner de l'argent grâce au carbone qu'ils stockent ? C'est la promesse d'EcoGuard Global, une société issue de The Hashgraph Group, qui vient de lancer avec la Confederation of Coconut Farmers Organizations (CONFED) une plateforme destinée aux producteurs de noix de coco aux Philippines.
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Baptisé CONFED Carbon Office, le dispositif doit permettre à plus de 3 millions d'agriculteurs, répartis sur environ 3,6 millions d'hectares, d'enregistrer des projets environnementaux, de faire vérifier leurs résultats, puis d'émettre et vendre des crédits carbone. Le système repose sur Hedera, dont la blockchain sert notamment à enregistrer les données et les transactions de manière traçable.
L'objectif affiché est de faciliter l'accès de petites exploitations rurales à la finance climatique internationale. Le secteur de la noix de coco est particulièrement important aux Philippines, où les autorités travaillent déjà à un cadre permettant de mieux rémunérer les pratiques agricoles capables de stocker ou d'éviter des émissions de CO2.


Un premier projet sur l'île de Samar
Une première exploitation située sur l'île de Samar a déjà été intégrée à la plateforme. Selon EcoGuard, le Samar COCAL Agroforestry Project pourrait générer jusqu'à 200 000 crédits carbone par an. La société affirme également avoir investi elle-même dans une première tranche de crédits issus du projet.
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En théorie, chaque crédit correspond à une tonne de CO2 évitée ou retirée de l'atmosphère. Ces crédits peuvent ensuite être achetés par des entreprises ou des investisseurs cherchant à compenser une partie de leurs émissions.
How can blockchain improve one of the world's most complex supply chains?
In our latest conversation with @HBARBull, we discuss how @PwC, @merckgroup, and The Hashgraph Group are using Hedera to bring trusted traceability to cocoa through physical authentication and digital… pic.twitter.com/eT78O7Vg1v
— The Hashgraph Association (@The_Hashgraph) September 15, 2026
Hedera intervient surtout comme registre technique. Son outil Guardian permet de conserver les données liées aux projets, aux méthodes de calcul et aux vérifications, afin de rendre les crédits plus faciles à auditer et de limiter certains risques de fraude ou de double comptage.
Mais c'est aussi là que se situe la principale limite du dispositif : une blockchain peut rendre une donnée infalsifiable une fois enregistrée, mais elle ne garantit pas que cette donnée était correcte au départ.
Une technologie qui ne règle pas les faiblesses des crédits carbone
Le marché des crédits carbone reste en effet très contesté. Plusieurs études ont montré que certains projets surestiment les réductions d'émissions réellement obtenues, financent des actions qui auraient eu lieu de toute façon ou souffrent de problèmes de permanence et de double comptage. Une vaste revue publiée en 2025 estimait que ces défauts restaient largement systémiques.
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Le problème central est celui de l'additionalité : il faut pouvoir démontrer que le carbone stocké ou évité ne l'aurait pas été sans le financement provenant des crédits. L'OCDE souligne elle-même que cet aspect devra être contrôlé avec rigueur aux Philippines, avec une gouvernance transparente et une supervision indépendante.
Autrement dit, Hedera peut améliorer la traçabilité du marché carbone, mais ne peut pas résoudre à elle seule la question la plus importante : la qualité environnementale réelle des crédits vendus.
Le projet devra donc être jugé moins sur le nombre de transactions enregistrées sur la blockchain que sur trois critères beaucoup plus concrets : la quantité de carbone effectivement stockée, l'indépendance des vérifications et surtout les revenus réellement perçus par les producteurs philippins.


Sources : The Hashgraph Group
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