Des millions en Bitcoin vers l'Iran : Washington durcit ses sanctions
Les États-Unis ont sanctionné la plateforme crypto iranienne BitBank, accusée d'avoir transféré plusieurs centaines de millions de dollars en Bitcoin au Corps des gardiens de la révolution islamique. Washington avertit désormais que les acteurs étrangers travaillant avec des exchanges iraniens peuvent eux aussi être visés.
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BitBank, pièce centrale du dispositif crypto iranien visée par l'OFAC
L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) a désigné jeudi la plateforme iranienne BitBank comme cible de sanctions américaines. L'agence l'accuse d'avoir servi de canal financier au Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
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Selon le Trésor américain, BitBank aurait été utilisée entre juin et juillet pour transférer plusieurs centaines de millions de dollars en Bitcoin (BTC) au bénéfice de l'IRGC. La plateforme aurait également traité les paiements liés au dispositif « Hormuz Safe Marine Services Authority », un système de « frais d'assurance » imposé aux navires transitant par le détroit d'Ormuz, à hauteur de rumeurs allant jusqu'à 2 millions de dollars par passage.
Today's designations of Iranian digital asset infrastructure make perfectly clear that efforts to finance the Iranian regime using cryptocurrencies are not beyond OFAC's reach. If you support the Iranian regime, the Department of the Treasury will sanction you. https://t.co/lM73Do5HZ8
— Treasury Secretary Scott Bessent (@SecScottBessent) September 17, 2026
Derrière BitBank, l'OFAC identifie le financier Babak Zanjani, un proche du régime déjà sanctionné et brièvement condamné à mort en 2016 pour un détournement de fonds au sein de la National Iranian Oil Company. Le Trésor a également visé Pishtaz Simorgh Electronic Trade Company, développeur du logiciel de BitBank, ainsi que trois cadres du réseau Zanjani : Hossein Ali Zaker Hossein, Mohammad Mahdi Zaker Hossein et Seyed Adel Heidari.
Washington met en garde les plateformes crypto étrangères
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a assorti ces sanctions d'un avertissement sans équivoque. « Les désignations d'aujourd'hui montrent que les tentatives de financement du régime iranien via les cryptomonnaies ne sont pas hors de portée de l'OFAC », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Si vous soutenez le régime iranien, le département du Trésor vous sanctionnera. »
Le message vise aussi les acteurs étrangers. Dans sa FAQ 1257, l'OFAC précise que les personnes et institutions financières non américaines qui continueraient à traiter avec des plateformes iraniennes sanctionnées peuvent elles-mêmes s'exposer à des sanctions secondaires.
IRAN JUST BECAME THE BIGGEST BITCOIN BUYER ON EARTH
Iran charges $2M in Bitcoin per ship to cross Hormuz
At $72,000 per $BTC, each ship = 27.7 BTC
~130 ships cross daily
For context:
Miners produce 450 $BTC/day
Iran earns 3,601 $BTC/dayThat's 8x the entire daily mining… pic.twitter.com/aasCWdL6Uv
— Leviathan (@TechLeviathan) April 10, 2026
L'Executive Order 13902 permet notamment à Washington de cibler les acteurs qui fournissent un soutien financier, matériel ou technologique à ces plateformes. Les banques étrangères qui faciliteraient sciemment des transactions importantes pour leur compte peuvent également faire l'objet de restrictions.
Depuis mai, l'OFAC considère par ailleurs les plateformes crypto iraniennes comme des institutions financières iraniennes au regard de la réglementation américaine, y compris lorsqu'elles ne figurent pas individuellement sur la liste SDN. Cette interprétation élargit nettement le nombre d'acteurs susceptibles d'être concernés par les sanctions américaines.
Un durcissement méthodique de la « pression maximale »
Cette action s'inscrit dans « Operation Economic Outcast », la nouvelle phase de la campagne de pression maximale lancée le 24 août. En juin dernier, l'OFAC avait déjà sanctionné Nobitex, principale plateforme crypto iranienne, ainsi que Wallex, Bitpin et Ramzinex. Le Trésor estimait alors que Nobitex avait traité plus de la moitié des flux entrants de cryptoactifs en Iran en 2025.
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En août, Aban Tether et Shelbit ont rejoint la liste. Babak Zanjani, lui, avait déjà été visé le 30 janvier dernier, avec ses projets crypto Zedcex et Zedxion, puis à nouveau le 24 juillet à travers neuf sociétés et quatre individus liés à son réseau en Iran, Turquie et Émirats arabes unis.
Les États-Unis appliquent aux infrastructures on-chain la même grammaire de sanctions que celle utilisée depuis des décennies contre les banques et les réseaux de paiement traditionnels. Pour les plateformes crypto internationales, y compris européennes, la question du respect strict des listes SDN devient un enjeu de survie opérationnelle.
Sources : The Maritime Executive, Tweet de Scott Bessent
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