Crypto-rapts : la Gendarmerie nationale dévoile sa stratégie pour y faire face
Face à l'augmentation inquiétante des crypto-rapts perpétrés sur le territoire français à l'encontre des détenteurs de cryptomonnaies, la Gendarmerie nationale dévoile la mise en place d'une « stratégie offensive et multidisciplinaire ». Qu'est-ce que cela implique concrètement ?
La Gendarmerie nationale s'organise face aux crypto-rapts
Cela fait déjà plusieurs années que les détenteurs de cryptomonnaies français sont la cible de groupes criminels organisés en quête de fonds numériques à voler. Toutefois, le nombre de ces crypto-rapts a tout simplement explosé depuis le mois de janvier dernier, au point de pousser la Gendarmerie nationale à apporter une réponse présentée comme « offensive et multidisciplinaire ».
Une stratégie analysée par le colonel Patrick Pegeot, chef de la Division des opérations (D.O.) de l'UNPJ, dans le cadre d'une communication officielle de la Gendarmerie nationale où il aborde l'affaire Ledger de janvier 2025, et la séquestration avec acte de torture de son cofondateur et de son épouse, comme « em>la première enquête ayant fait l'objet d'une forte médiatisation ».
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Un véritable point de bascule qui va « marquer le début d'une longue série ayant systématiquement conduit à une mobilisation opérationnelle d'ampleur des forces de l'ordre françaises ». Puis il y a eu « la fuite de données massive de la société Waltio », suivie d'autres failles de sécurité impliquant notamment le récent piratage des services des impôts, livrant des informations fiscales stratégiques aux malfaiteurs, « même si des erreurs surviennent parfois sur les montants réels détenus ou l'adresse actuelle des victimes ».
Car « la détention de cryptomonnaies revient à posséder une banque chez soi, mais sans aucune sécurité physique ». Le tout face à des structures criminelles en pleine évolution, « dont l'organisation repose sur des commanditaires généralement basés à l'étranger, qui recrutent des exécutants inexpérimentés via les réseaux sociaux pour mener ces opérations de type homejacking ».
Les commanditaires, bien qu'établis à l'étranger, ne sont pas davantage hors d'atteinte que les exécutants. Grâce à un solide réseau de partenaires internationaux et à une coopération judiciaire et policière étroite, les investigations visent également ces têtes de réseaux.


Une « stratégie offensive et multidisciplinaire »
Face à cette situation alarmante, le colonel Patrick Pegeot souligne l'urgence avec laquelle chaque situation est traitée, à l'aide d'une « stratégie offensive et multidisciplinaire » qui repose sur une participation active du GIGN, en relation étroite avec l'Unité nationale de police judiciaire (l'UNPJ) et le renfort de la section de recherches (SR), qui conserve la direction de l'enquête et la coopération internationale.
Car le travail des gendarmes ne s'arrête pas à la seule libération des victimes ou à l'interpellation des ravisseurs. En effet, le but consiste également à tracer, geler ou « demixer » (contrer l'utilisation d'un mixeur) les fonds volés à l'aide des enquêteurs de l'Unité nationale cyber de l'UNPJ (UNCyber), « hautement spécialisés sur la thématique des investigations liées aux cryptomonnaies ».
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Malgré ces évolutions stratégiques nécessaires, le lieutenant-colonel Bastien, commandant la Force intervention (FI) du GIGN, explique que « em>le point majeur reste le même : localiser le plus rapidement les malfaiteurs et les otages, puis intervenir très rapidement pour mettre en sécurité les victimes », face à un phénomène de dimension mondiale en forte progression continue depuis 2020.


Source : Gendarmerie nationale
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