Crypto et impôts : le fisc français pourrait récupérer des milliards
Un rapport de Chainalysis chiffre à 9,4 milliards de dollars l'activité crypto potentiellement taxable en France en 2025. Face à cette masse, seuls 368 millions d'euros de plus-values ont été déclarés par 24 000 contribuables l'an dernier. Un écart abyssal que la directive DAC 8 pourrait bien réduire dès 2027.
Un gouffre entre activité crypto et déclarations fiscales
Les chiffres publiés par Chainalysis dressent un constat sans appel. En 2025, l'activité crypto potentiellement imposable en France a atteint 9,4 milliards de dollars, dont 2,5 milliards de dollars de plus-values, 1,7 milliard de dollars de revenus liés au minage et au staking, et 5,2 milliards de dollars de paiements en cryptomonnaies.
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Face à cette masse, les déclarations réelles paraissent dérisoires. Selon la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), 24 000 contribuables ont déclaré 368 millions d'euros de plus-values nettes lors de la déclaration 2025 portant sur les revenus 2024. L'année précédente, ils n'étaient que 7 700 pour un total de 150,8 millions d'euros.
$457B in on-chain taxable crypto activity last year. What will agencies see before DAC 8 & CARF exchanges in 2027?
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— Chainalysis (@chainalysis) September 2, 2026
Le fossé se compte en milliards. Et selon François Volpoet, directeur général France chez Chainalysis, « les taux de non-conformité peuvent dépasser 90 %, même avec des règles fiscales aussi généreuses en matière de crypto ».


La France, 13e pays au monde par l'activité crypto taxable
À l'échelle mondiale, l'activité crypto potentiellement imposable atteint 457 milliards de dollars en 2025. Les États-Unis dominent largement avec 112,6 milliards de dollars, suivis de l'Allemagne (24,1 milliards) et du Royaume-Uni (19,4 milliards). La France se classe 13e, derrière l'Indonésie mais devant l'Australie.
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Un rappel utile s'impose. La France ne taxe pas les échanges crypto contre crypto. Seules les conversions vers de la monnaie fiat déclenchent l'impôt sur les plus-values, au taux forfaitaire de 31,4 % (prélèvement forfaitaire unique).
DAC 8 et CARF : La fin de l'opacité en 2027
Mais dès 2027, l'administration fiscale française recevra automatiquement les données de toutes les transactions effectuées sur les plateformes crypto enregistrées dans l'Union européenne depuis le 1er janvier 2026. Cette bascule s'appuie sur la directive européenne DAC 8 et le cadre CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) de l'OCDE.

Mais le dispositif a ses angles morts. Chainalysis estime que seuls 14 % de l'activité crypto on-chain mondiale entrent dans le périmètre effectif de CARF. Les 86 % restants échappent au cadre, notamment l'activité sur les DEX (échanges décentralisés), les transferts pair-à-pair, les portefeuilles auto-hébergés et les revenus de staking ou de lending.
Un paradoxe qui pourrait freiner la conformité
La crédibilité même de l'administration fiscale française pèse dans l'équation. En août dernier, la DGFiP a reconnu une attaque « sophistiquée » ayant exposé les données de 678 000 contribuables, suivie d'autres incidents visant les données cadastrales puis les successions.
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Comme le souligne François Volpoet, « cette défiance pourrait, paradoxalement, renforcer la réticence de certains détenteurs de crypto à se conformer pleinement à leurs obligations déclaratives ». Un climat d'autant plus tendu que de faux courriers de la DGFiP circulent actuellement pour piéger les détenteurs de cryptomonnaies.


Sources : BFM Crypto, Chainalysis
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Commentaires (5)
Cela n'a aucun sens de taxer davantage que les conversions en monnaie FIAT (soyons bons princes et incluant les achats en cryptos, qui sont une sorte de conversion)
Quand je pense qu'on doit déclarer ses gains de staking ou airdrop...
L’utilisation de cryptomonnaies pour acheter des biens ou services est taxables sur la plus-value en France. La flat taxe globale sur la plus-value est de 31,4%.

Vous avez raison, une erreur s'était glissée dans l'article, c'est modifié. Merci !
Il me semble que, contrairement a ce qui est indiqué, la France taxe bien l’utilisation de cryptomonnaies pour acheter des biens ou services.

Tout à fait, c'est corrigé. Merci !

