Course à l'IA : les États-Unis exigent de choisir son camp - Le français Mistral se tourne vers la Chine

Les États-Unis souhaitent imposer à de nombreux pays de choisir leur camp dans la course actuelle à l’intelligence artificielle qui les oppose à la Chine. Une exigence qui fait écho à la stratégie récemment mise en place par la société française Mistral AI, désormais orientée vers les modèles IA chinois. Est-ce problématique ? 

Course à l'IA : les États-Unis exigent de choisir son camp - Le français Mistral se tourne vers la Chine

Course à l'IA : il va falloir choisir son camp

La course actuelle à l'intelligence artificielle se concentre activement sur le fait de ne pas céder un pouce de terrain à la concurrence, sans véritablement se concentrer sur les possibles pertes de contrôle que cela pourrait impliquer à plus ou moins long terme, ou le risque désormais bien plus réel que le quantique que cela fait peser sur les cryptomonnaies.

Une réalité à laquelle vient s'ajouter une concurrence accrue des gouvernements, au point de motiver les États-Unis à s'interroger sur le fait d'obliger les 35 pays signataires de l’« AI Opportunity Statement » - créée en juin dernier - à choisir leur camp face à la Chine, qui arrive en force avec ses modèles open source comme le désormais célèbre Kimi K3.

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En effet, le site Reuters mentionne la préparation d'une lettre officielle destinée à informer les membres de cette coalition dirigée par les États-Unis de leur possible exclusion s’ils adhèrent également au cadre concurrent proposé par Pékin, dans la lignée directe du plan Pax Silica mis en place l'an dernier afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement liées aux modèles d’IA face à la possible prise de contrôle de « pays préoccupants » comme la Chine.

Dans les faits, cet avertissement s'adresse plus précisément au Kazakhstan, du fait de son statut de source potentiellement importante de minerais critiques et (surtout) de son adhésion jugée problématique à la coalition chinoise « World Artificial Intelligence Cooperation Organization » fondée au mois de juillet.

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Faire partie de tout revient à ne faire partie de rien. La signature de la Déclaration Pax Silica n’est pas une simple adhésion, mais un engagement. Elle n'est pas compatible avec l’adhésion à des initiatives faisant double emploi et dont les exigences sont en contradiction avec les nôtres.

Extrait de la lettre américaine

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La société française Mistral AI a déjà choisi la Chine ?

Une prise de position ferme des États-Unis qui ne concerne pas directement la France, puisque notre gouvernement n'a pas adhéré à l’AI Opportunity Statement et n'apparaît pas non plus parmi les signataires de la coalition Pax Silica, même si l'Union européenne l'a officiellement rejointe en juin dernier.

Toutefois, cette menace émise par Washington pose certaines questions au sujet de la récente stratégie mise en place depuis le début du mois d'août par l'un des champions européens de l'IA, la société française Mistral AI, qui héberge désormais sur sa plateforme le modèle chinois GLM-5.2 développé par Z.ai.

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Une évolution vivement critiquée par l'entrepreneur et ingénieur français spécialisé dans l’IA, Pierre-Louis Biojout, qui explique sur X comment Mistral AI serait en train de passer d'un projet de laboratoire européen IA de pointe à un simple « intégrateur des modèles conçus par d’autres, notamment chinois ».

Mais avant d'enterrer trop rapidement cette pépite française, le spécialiste de la Chine et de l'IA sur le réseau X, MadMaks, explique comment cette stratégie de Mistral AI s'inscrit dans un contexte concurrentiel qu'il considère comme perdu d'avance, face aux géants du secteur comme OpenAI et Anthropic.

De ce fait, et afin de rembourser ses créanciers, Mistral AI aurait décidé de fournir ses capacités informatiques françaises à d'autres modèles. MadMaks y voit une stratégie en deux temps : monétiser ses infrastructures de calcul afin de générer des revenus plus prévisibles, tout en développant en parallèle une activité potentiellement plus stratégique dans la « physical AI », une intelligence artificielle capable d'interagir avec le monde physique et applicable à des industries comme Airbus, BMW ou EDF.

Une affaire à suivre...

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Sources : Reuters, Pierre-Louis Biojout, MadMaks

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