Chine vs USA : après l'IA, la guerre des robots humanoïdes est déclarée

Les États-Unis ouvrent un nouveau front dans leur rivalité avec la Chine en s'attaquant aux robots humanoïdes. La FCC interdit désormais l'importation et la commercialisation de plusieurs catégories de robots fabriqués à l'étranger, une mesure qui vise en premier lieu les champions chinois comme Unitree et AGIBOT.

Chine vs USA : après l'IA, la guerre des robots humanoïdes est déclarée

Washington frappe fort contre les robots chinois

Après l'IA, les États-Unis portent leur rivalité technologique avec la Chine sur le terrain des robots humanoïdes. Mardi, la Federal Communications Commission (FCC) a interdit l'importation et la commercialisation de nouveaux robots humanoïdes, robots quadrupèdes, robots mobiles autonomes et onduleurs de puissance fabriqués à l'étranger, une mesure qui cible en premier lieu les fabricants chinois.

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Le président de la FCC, Brendan Carr, assure vouloir « sécuriser les chaînes d'approvisionnement critiques de l'Amérique » et limiter les risques liés à la cybersécurité. Un robot humanoïde connecté est un capteur mobile, capable de filmer, d’écouter et de cartographier un environnement industriel ou militaire. Les élus américains ont notamment pointé du doigt une porte dérobée préinstallée baptisée « CloudSail » dans les chiens robotiques Go1 d’Unitree, qualifiée de « cheval de Troie ».

Les modèles déjà homologués ne sont pas concernés dans l'immédiat. La FCC se réserve toutefois le droit de réexaminer, voire de révoquer, les autorisations déjà accordées.

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Pourquoi la Chine domine le marché des humanoïdes

Pékin a dénoncé un protectionnisme habillé de sécurité nationale. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a promis que la Chine prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour défendre ses entreprises. Le timing est explosif, à quelques semaines d’un sommet prévu en septembre entre Donald Trump et Xi Jinping.

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Washington semble ainsi vouloir lutter contre la domination chinoise dans le secteur. 85 % des humanoïdes déployés dans le monde en 2025 sont chinois, selon Barclays et Counterpoint Research. Sur les quelque 15 000 humanoïdes expédiés à l’échelle mondiale en 2025, deux acteurs chinois, Unitree et AGIBOT, ont chacun livré plus de 5 000 unités. En face, les Américains Tesla et Figure AI se contentent de quelques centaines d’exemplaires au mieux.

Le nombre de robots déployés par la Chine.

Source : Barclays Research

Cette avance s’explique par un cocktail difficile à répliquer. La Chine possède la plus grande base manufacturière au monde, un accès privilégié aux terres rares et aux aimants, une politique d’État agressive et une capacité à faire chuter les coûts. L’humanoïde G1 d’Unitree est proposé à partir de 4 900 dollars, alors que ses chiens robotiques sont passés sous la barre des 2 000 dollars.

Actuellement, 74 % des ventes d’humanoïdes d’Unitree se font auprès d’universités, de laboratoires de recherche et de développeurs individuels. La plupart d’entre eux se trouvent aux États-Unis. C’est précisément ce canal que le bannissement risque de couper.

Un marché colossal en jeu pour la prochaine décennie

L’enjeu financier est vertigineux. Morgan Stanley estime que le marché mondial des robots humanoïdes pourrait atteindre 5 000 milliards de dollars à terme, tandis que Barclays projette un marché adressable de 200 milliards de dollars dès 2035. Les analystes de la banque britannique anticipent jusqu’à 24 millions d’humanoïdes déployés en Chine d’ici 2035, soit l’équivalent de 4 % de la force de travail actuelle du pays.

Marché mondial des robots humanoïdes (2025-2034)

Pour les États-Unis, l’objectif est double. Il s’agit d’abord d’éviter le scénario des drones commerciaux, marché largement capturé par le géant chinois DJI au cours de la dernière décennie. Ensuite, de reconstruire une industrie domestique capable de rivaliser à long terme, alors qu’Agility Robotics, 1X Technologies ou Figure AI n’ont pas encore atteint la maturité industrielle de leurs concurrents chinois.

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La mesure divise profondément l’écosystème américain. Peggy Johnson, PDG d’Agility Robotics, soutient le durcissement et défend le GUARD Act, un projet de loi qui alimente cette stratégie. À l’inverse, plusieurs chercheurs redoutent un effet boomerang. Eric Jang, ancien vice-président de l’IA chez 1X Technologies, qualifie la démarche de « décision à courte vue ».

En effet, presque tous les laboratoires américains travaillant sur les humanoïdes utilisent aujourd’hui du matériel Unitree, faute d’alternatives domestiques accessibles. Pire, la chaîne d’approvisionnement en aimants et composants reste largement dépendante de la Chine. Nvidia elle-même a récemment dévoilé un design de référence humanoïde utilisant le châssis d’Unitree, associé à son architecture Blackwell.

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Ce que cela signifie pour les investisseurs

Pour les investisseurs, cette bataille technologique redessine plusieurs cartes. Les fabricants américains cotés comme Tesla (TSLA) pourraient bénéficier d’un marché intérieur protégé, même si la valorisation de la firme d’Elon Musk repose déjà sur des multiples élevés avec un PER de 283. Nvidia (NVDA), qui fournit les cerveaux de calcul de nombreux humanoïdes, reste incontournable quel que soit le camp qui l’emporte.

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Au-delà des actions, la robotique physique s’ancre désormais comme un thème d’investissement à part entière, au croisement de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs et des matières premières critiques. Comme pour l’IA générative, les prochains mois diront si la fragmentation technologique entre Washington et Pékin freine ou accélère l’innovation mondiale.

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Sources : Associated Press, South China Morning Post, Humanoids Daily, Barclays Research

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