Comment acheter des actions chinoises depuis la France ?
La Chine abrite certaines des entreprises les plus stratégiques de la planète : géants de l'IA, leader des semi-conducteurs ou encore numéro 1 de la voiture électrique. Pourtant, l'investisseur français qui tente d'en acheter les actions se heurte vite à un mur : une bonne partie de ces entreprises est tout simplement hors de portée. Alors, comment s'exposer réellement aux actions chinoises depuis la France, et lesquelles peut-on vraiment acheter ?
Avant de savoir comment acheter des actions chinoises, il faut comprendre une particularité qui piège la plupart des investisseurs : selon où une entreprise chinoise est cotée, vous pourrez l'acheter en quelques clics ou pas du tout.
Actions A, actions H, ADR : comprendre les actions chinoises
Une entreprise chinoise peut être cotée sur 3 grands types de marchés et c'est cette distinction qui détermine si vous pouvez acheter ou non son action.
Les actions A sont cotées en Chine continentale, à Shanghai ou à Shenzhen (dont le STAR Market, l'équivalent chinois du Nasdaq), et libellées en yuans. Ce sont elles qui reflètent le mieux l'économie domestique chinoise, mais elles sont réservées aux investisseurs locaux et à une poignée d'institutionnels étrangers via des dispositifs comme le Stock Connect. Concrètement, un particulier français ne peut pas les acheter en direct auprès de son courtier.
Les actions H sont cotées à la Bourse de Hong Kong, le HKEX. C'est la véritable porte d'entrée : de nombreuses grandes entreprises chinoises y sont présentes, dans un cadre réglementaire aligné sur les standards internationaux, et certains courtiers accessibles aux investisseurs français permettent d'y accéder.
Acheter des actions de Hong Kong avec Trade RepublicLes ADR (American Depositary Receipts), enfin, sont des certificats cotés aux États-Unis (NYSE ou Nasdaq) qui représentent des actions d'entreprises étrangères. Beaucoup de géants chinois comme Alibaba y sont accessibles, mais ils portent un risque spécifique de radiation lié aux tensions entre les États-Unis et la Chine, sur lequel nous reviendrons.
Pour mesurer à quel point cette distinction change tout, prenons deux exemples concrets. CXMT (ChangXin Memory Technologies), le champion chinois des puces mémoire DRAM, s'est introduit en Bourse sur le STAR Market de Shanghai et son action a grimpé de + 500 % dès son premier jour de cotation. Malheureusement, l'investisseur français n'a pas pu y participer, CXMT étant une action A.
À l'inverse, Z.ai (ex-Zhipu, l'un des principaux laboratoires d'IA chinois) a choisi de se coter à Hong Kong sous le code 2513.HK. Résultat : un particulier français peut acheter cette action via certains courtiers.

Voie n°1 : acheter des actions chinoises cotées à Hong Kong
C'est la méthode la plus directe pour investir dans une entreprise chinoise. La Bourse de Hong Kong compte environ 2 500 entreprises cotées, dont la plupart sont de grands noms de la tech, de la consommation et de l'industrie chinoises. Sur les plateformes, ces titres apparaissent avec un code à 4 chiffres suivi du suffixe « .HK ».
Voici quelques exemples d'entreprises chinoises accessibles via Hong Kong 👇
| Entreprise | Code HK | Secteur | Pourquoi la suivre ? | Acheter l'action |
| Tencent | 0700.HK | Tech / Jeux vidéo / Réseaux | Propriétaire de WeChat, l'un des plus grands groupes technologiques au monde | |
| Alibaba | 9988.HK | E-commerce / Cloud | Géant du e-commerce et acteur majeur du cloud et de l'IA en Chine | |
| BYD | 1211.HK | Véhicules électriques | Premier constructeur mondial de voitures électriques et hybrides | |
| Xiaomi | 1810.HK | Électronique / Smartphones / VE | Smartphones, objets connectés et voitures électriques | |
| SMIC | 0981.HK | Semi-conducteurs | Premier fondeur de puces chinois, au cœur de la souveraineté technologique | |
| Z.ai (Zhipu) | 2513.HK | Intelligence artificielle | L'un des principaux laboratoires d'IA chinois, à l'origine des modèles GLM |
Aujourd'hui, peu de plateformes donnent accès à la Bourse de Hong Kong. Parmi les acteurs disponibles pour les investisseurs français, Trade Republic fait partie des rares courtiers grand public à proposer les actions cotées à Hong Kong, ce qui en fait souvent le moyen le plus simple d'acheter une action H.
Il est également possible de retrouver les actions cotées à Hong Kong chez des courtiers plus spécialisés comme DEGIRO ou Interactive Brokers.
Acheter des actions de Hong Kong avec Trade RepublicVoie n°2 : les ADR chinois cotés aux États-Unis
L'autre méthode est de passer par les ADR, des certificats cotés à New York qui représentent des actions d'entreprises chinoises. L'avantage est qu'il est possible d'en acheter comme n'importe quelle action américaine, sur presque tous les courtiers, sans avoir besoin d'un accès spécifique au marché de Hong Kong.
Voici quelques exemples d'entreprises chinoises accessibles via des ADR👇
| Entreprise | Ticker (ADR) | Secteur |
| Alibaba | BABA | E-commerce / Cloud |
| Temu (PDD Holdings) | PDD | E-commerce |
| JD.com | JD | E-commerce / Logistique |
| Baidu | BIDU | Moteur de recherche / IA |
| NetEase | NTES | Jeux vidéo |
| Li Auto | LI | Véhicules électriques |
Malgré leur grande disponibilité, les ADR chinois vivent sous la menace d'une radiation des Bourses américaines si les tensions réglementaires entre les États-Unis et la Chine venaient à s'aggraver.
C'est pour cette raison que beaucoup de grands groupes chinois comme Alibaba ont d'ailleurs mis en place une double cotation à Hong Kong : en cas de retrait des marchés américains, les détenteurs d'ADR peuvent en général convertir leurs titres en actions H de Hong Kong.
Ainsi, si vous envisagez de vous exposer sur le long terme à une entreprise chinoise , acheter directement l'action H à Hong Kong est plus prudent que de passer par l'ADR.
Investir en Chine via les ADR disponibles sur eToroVoie n°3 : les ETF pour s'exposer à la Chine
Si vous ne souhaitez pas parier sur une seule entreprise, les ETF constituent la solution la plus simple et la plus diversifiée pour s'exposer à un marché dans sa globalité. En une seule opération, vous investissez dans un panier de dizaines, voire de centaines d'actions chinoises, ce qui réduit le risque lié à un titre individuel.
Attention à un piège fréquent : les ETF Chine les plus connus (MCHI, FXI, KWEB) sont des fonds américains non accessibles aux particuliers français, faute de conformité à la réglementation européenne. Il faut donc se tourner vers des équivalents UCITS, domiciliés en Europe et accessibles depuis la France. En voici une sélection 👇
| ETF | Code ISIN | Exposition | Frais annuels (TER) | Éligible au PEA ? |
| Amundi PEA Chine (MSCI China) Screened UCITS ETF | FR0011871078 | Grandes capitalisations chinoises (réplication synthétique) | 0,55 % | Oui ✅ |
| iShares MSCI China UCITS ETF (Acc) | IE00BJ5JPG56 | Large (actions H + ADR + actions A via Stock Connect) | 0,40 % | Non ❌ |
| HSBC MSCI China UCITS ETF | IE00B44T3H88 | Large, verse des dividendes | 0,28 % | Non ❌ |
| Xtrackers Harvest CSI 300 UCITS ETF 1C | LU0875160326 | Actions A pures (Shanghai / Shenzhen) | 0,65 % | Non ❌ |
Un point mérite d'être souligné : l'Amundi PEA Chine est le seul de cette liste à être éligible au PEA. Grâce à sa réplication synthétique, il permet de loger une exposition à la Chine dans une enveloppe fiscalement avantageuse, là où les actions chinoises en direct et les autres ETF de la liste imposent un compte-titres ordinaire (CTO).
De son côté, le Xtrackers Harvest CSI 300 est le seul moyen d'obtenir une exposition aux fameuses actions A pour un particulier français, puisqu'on ne peut pas les acheter en direct.
Investir en Chine via un ETF grâce à Trade RepublicLes risques spécifiques aux actions chinoises
Investir en Chine, ce n'est pas investir aux États-Unis ou en Europe. Plusieurs risques propres à ce marché doivent être intégrés avant de se lancer.
Le premier est réglementaire et politique. Une décision du gouvernement peut faire basculer tout un secteur du jour au lendemain, comme l'ont montré le tour de vis sur l'éducation privée ou les plateformes technologiques ces dernières années. Structurellement, le marché manque de visibilité sur le long terme et peut se retourner du jour au lendemain suite à une décision politique.
Le deuxième, plus technique, concerne les structures VIE (Variable Interest Entities). Pour la plupart des grandes tech chinoises (Alibaba, Tencent, JD…), vous n'achetez pas directement l'action de l'entreprise chinoise, mais des parts d'une entité domiciliée dans un paradis fiscal, liée à l'entreprise chinoise par contrat. C'est un montage toléré, mais dont la solidité juridique n'a jamais été pleinement testée.
Vient ensuite le risque de radiation des ADR, déjà évoqué : un durcissement des relations sino-américaines pourrait forcer le retrait des titres chinois de Wall Street. À cela s'ajoute le risque de change : en achetant en dollars de Hong Kong ou en yuans, votre performance dépend aussi de l'évolution de ces devises face à l'euro, ce qui peut amplifier les gains comme les pertes.
Pour toutes ces raisons, la Chine doit généralement représenter une faible part d'un portefeuille d'investissement. Il vaut mieux s'y exposer de manière mesurée plutôt que d'en faire un pari central.
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