Faut-il acheter l'action Oracle en 2026 ? Voici notre analyse

Longtemps cantonné au rôle de géant discret des bases de données d'entreprise, Oracle s'impose aujourd'hui comme un acteur de l'infrastructure cloud pour l'IA, au point de rivaliser avec les hyperscalers. Mais cette mue se paie par des investissements colossaux et une action devenue extrêmement volatile. Est-il donc intéressant d'acheter l'action Oracle ?

Faut-il acheter l'action Oracle en 2026 ? Voici notre analyse

Avant de répondre à la question de savoir s'il faut acheter l'action Oracle, revenons d'abord sur ce qu'est réellement l'entreprise et sur la place qu'elle occupe aujourd'hui dans la course à l'infrastructure de l'IA.

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Qu'est-ce qu'Oracle ?

Oracle Logo

Oracle est une entreprise technologique américaine fondée en 1977 par Larry Ellison, Bob Miner et Ed Oates, dont le siège social est aujourd'hui installé à Austin, au Texas.

Pendant des décennies, Oracle a bâti sa domination sur un produit unique : la base de données relationnelle, devenue le socle des systèmes d'information de la plupart des grandes entreprises et administrations mondiales.

Ce cœur de métier, complété par une gamme de logiciels de gestion (ERP, RH, finance) et par le rachat de sociétés comme Sun Microsystems, PeopleSoft ou encpre NetSuite, a longtemps fait d'Oracle une valeur solide mais peu spectaculaire en Bourse.

Le virage d'Oracle s'est opéré avec le cloud. L'entreprise opère désormais autour de plusieurs activités principales :

  • Oracle Cloud Infrastructure (OCI), l'offre d'infrastructure cloud qui loue de la puissance de calcul et du stockage, aujourd'hui le principal moteur de croissance porté par la demande liée à l'IA ;
  • les applications cloud (SaaS), qui regroupent notamment Fusion Cloud ERP et NetSuite pour la gestion d'entreprise ;
  • les licences logicielles et le support, qui correspondent à l'activité historique de bases de données et de logiciels ;
  • les services et le hardware, activités plus matures et à croissance faible.

Les données clés de l'action Oracle

Donnée Valeur
Cours de l'action 147,02 $
Ticker ORCL (NYSE)
Capitalisation boursière 423 milliards de dollars
Plus bas 52 semaines 114,50 $
Plus haut 52 semaines 345,72 $
Performance sur 1 an -41,82 %
Performance sur 5 ans +62,67 %

Données du 10 août 2026

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Les derniers résultats financiers d'Oracle

Indicateur FY 2025 FY 2026 Variation annuelle
Chiffre d'affaires total 57,4 milliards $ 67,4 milliards $ +17 %
Revenus du cloud (total) 24,5 milliards $ 34,0 milliards $ +39 %
Revenus OCI (infrastructure) 10,2 milliards $ 18,1 milliards $ +77 %
BPA (non-GAAP) 6,00 $ 7,63 $ +27 %
Carnet de commandes (RPO) 138 milliards $ 638 milliards $ +363 %
Capex (investissements) 21,2 milliards $ 55,7 milliards $ +162 %
Free cash-flow Environ +10 milliards $ -23,7 milliards $ Négatif

Source : Oracle, résultats du 4e trimestre et de l'exercice fiscal 2026, 10 juin 2026

 

Sur l'exercice fiscal 2026 (clos fin mai 2026), Oracle a publié des résultats record, tirés par l'accélération du segment Oracle Cloud Infrastructure.

Au seul 4e trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de 21 % à 19,2 milliards de dollars et les revenus d'infrastructure cloud ont presque doublé (+93 %).

Pourtant, l'action a reculé d'environ 10 % après la publication : le marché a moins retenu la croissance que le free cash-flow négatif de 23,7 milliards de dollars et l'annonce de nouvelles levées de capitaux pour financer les datacenters.

Oracle, le pari de l'infrastructure IA

La thèse d'investissement sur Oracle ne repose plus sur les bases de données, mais sur un pari : devenir l'un des fournisseurs d'infrastructure de référence pour l'entraînement et l'inférence des modèles d'IA. C'est ce pari qui explique à la fois l'envolée et la chute de l'action de 2024 à aujourd'hui.

La montée en puissance d'Oracle Cloud Infrastructure (OCI) face à la concurrence

Sur le marché du cloud d'infrastructure, Oracle reste un acteur de taille modeste face aux 3 hyperscalers historiques que sont Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud. Mais OCI affiche désormais des taux de croissance très supérieurs à ceux de ses concurrents.

L'argument commercial d'Oracle repose sur deux points. D'une part, une approche multicloud qui permet à ses bases de données de tourner directement dans les datacenters d'AWS, Google et Azure, plutôt que de forcer les clients à choisir un camp. D'autre part, une capacité à signer d'énormes contrats de fourniture de puissance de calcul avec des acteurs de l'IA en quête de capacités, à un moment où la demande dépasse largement l'offre disponible.

Cette dynamique reste toutefois à relativiser : le pôle cloud d'Oracle part de loin et sa croissance se lit sur des montants encore réduits comparés aux dizaines de milliards de revenus cloud générés chaque trimestre par AWS ou Azure.

Oracle Cloud Infrastructure (OCI)

Le carnet de commandes (RPO) et les méga-contrats

L'indicateur qui a fait basculer le dossier Oracle est le RPO (Remaining Performance Obligations), c'est-à-dire le carnet de commandes des revenus contractualisés mais non encore reconnus. Il a bondi à 638 milliards de dollars à la fin de l'exercice 2026, contre 138 milliards un an plus tôt.

Ce chiffre traduit la signature de contrats géants d'infrastructure IA, dont une part significative est attribuée par la presse et les analystes à des acteurs comme OpenAI dans le cadre de projets de datacenters à très grande échelle. Un tel carnet donne une visibilité inhabituelle sur les revenus futurs de l'entreprise.

Il comporte cependant deux limites que tout investisseur doit garder en tête. D'abord, un RPO n'est pas du chiffre d'affaires : il ne se transforme en revenus que si les contrats sont exécutés et payés dans la durée. Ensuite, sa concentration sur un petit nombre de très gros clients crée un risque : la solidité financière de ces clients et leur capacité à honorer des engagements pluriannuels conditionnent directement la valeur réelle de ce carnet de commandes.

Les arguments pour acheter l'action Oracle

1. Une croissance qui s'accélère. Après des années de progression à un chiffre, Oracle affiche une hausse de 17 % de son chiffre d'affaires et de 39 % de ses revenus cloud sur l'exercice 2026, portée par une activité cloud en hypercroissance. L'entreprise a changé de rythme et cette accélération se lit désormais trimestre après trimestre.

2. Un carnet de commandes record. Avec un RPO de 638 milliards de dollars, contre 138 milliards un an plus tôt, Oracle dispose d'une visibilité sur ses revenus futurs que très peu d'entreprises technologiques peuvent afficher. À condition d'être exécuté, ce carnet de commandes couvre plusieurs années de croissance.

3. Un positionnement multicloud différenciant. En rendant ses bases de données accessibles directement dans les infrastructures d'AWS, Google et Azure, Oracle transforme ses concurrents en canaux de distribution. L'entreprise s'appuie par ailleurs sur une base installée d'entreprises et d'administrations historiquement très fidèle.

4. Un consensus d'analystes majoritairement positif. Après la forte correction de l'action Oracle de juin à juillet, la majorité des analystes couvrant la valeur maintiennent une recommandation à l'achat avec un objectif de cours moyen nettement supérieur au cours actuel. Le marché reconnaît la qualité du dossier, tout en débattant du prix.

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Les arguments contre l'achat de l'action Oracle

1. Un free cash-flow devenu fortement négatif. Pour financer sa croissance, Oracle a porté ses investissements à 55,7 milliards de dollars sur l'exercice 2026, en hausse de 162 % sur un an. Résultat : un free cash-flow de -23,7 milliards de dollars. L'entreprise dépense aujourd'hui bien plus de liquidités qu'elle n'en génère et cette situation est appelée à durer tant que dure la phase de construction des datacenters.

2. Un recours massif à la dette et à l'émission d'actions. Pour financer ce plan, Oracle prévoit de lever plusieurs dizaines de milliards de dollars supplémentaires en dette et en capital. Cet endettement croissant et cette dilution potentielle des actionnaires existants constituent l'une des principales sources d'inquiétude du marché et c'est précisément ce point qui a pesé sur l'action après la publication des résultats en juin dernier.

3. Une forte concentration client. Une part importante du carnet de commandes repose sur un petit nombre de très gros contrats liés à l'IA. Toute renégociation, tout retard de déploiement ou toute difficulté financière chez l'un de ces grands clients aurait un impact direct et important sur la thèse d'investissement.

4. Une pression sur les marges à court terme. La montée en puissance des datacenters pèse sur la rentabilité, en raison de l'amortissement des équipements et des coûts d'exploitation liés à ces nouvelles capacités. La croissance du chiffre d'affaires d'Oracle ne se traduit pas mécaniquement, à ce stade, par une amélioration proportionnelle des marges.

5. Un pari qui dépend de la durabilité de la demande en IA. Toute la thèse suppose que la demande d'infrastructure pour l'IA reste soutenue pendant plusieurs années. C'est loin de faire l'unanimité : certains investisseurs de renom, dont Michael Burry, ont pris publiquement des positions vendeuses (short) sur Oracle, jugeant le secteur surévalué.

Oracle IA

Sur quelle plateforme acheter l'action Oracle ?

L'action Oracle est cotée au NYSE sous le ticker ORCL. Elle est accessible auprès de la plupart des courtiers européens et requiert un Compte-Titres Ordinaire (CTO). En tant qu'action américaine, elle n'est pas éligible au PEA.

Voici quelques plateformes sur lesquelles il est possible d'acheter l'action Oracle 👇

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Notre verdict sur l'action Oracle

Oracle offre l'un des dossiers les plus clivants du secteur technologique. D'un côté, l'entreprise a réussi une transformation spectaculaire : d'un éditeur de bases de données à croissance lente, elle est devenue un acteur crédible de l'infrastructure de l'IA, avec une croissance qui s'accélère et un carnet de commandes record qui lui donne une visibilité rare sur ses revenus futurs.

De l'autre, cette transformation repose sur un pari financier lourd. Pour tenir ses engagements, Oracle investit bien plus qu'elle ne génère de liquidités, creuse un free cash-flow fortement négatif et prévoit de lever des dizaines de milliards en dette et en capital. Le dossier ne fonctionne que si la demande d'infrastructure IA reste soutenue plusieurs années et si les grands clients qui composent le carnet de commandes honorent leurs contrats.

Pour les investisseurs avec un horizon long et acceptant une volatilité élevée, Oracle constitue une manière de s'exposer à l'infrastructure de l'IA autrement que par les fabricants de puces. C'est un pari sur l'exécution d'un plan d'investissement massif, pas sur une valeur défensive.

Pour les investisseurs plus prudents, attendre plusieurs trimestres afin de vérifier que le carnet de commandes se convertit effectivement en revenus pour Oracle, que les marges se stabilisent et que le financement du capex se déroule sans accroc apporte davantage de visibilité avant de se positionner.

👉 Lisez aussi : Les 10 meilleures actions pour investir dans l'IA en 2026

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